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Gris Bottines Bronx Fonc BX 025 Brezax Femme Dans le corporatisme, la seule légitimité est le groupe et non pas le citoyen. Nous vivons actuellement dans une société corporatiste aux prétentions démocratiques. À chaque jour, un peu plus de pouvoir passe aux mains des groupes ou corporations. C’est la signification de l’idéologie du marché et de notre acceptation passive de toutes les formes que peut prendre la globalisation. Les corporations ne peuvent fonctionner dans une véritable démocratie. Dépourvues de désintéressement, leurs actions reposent entièrement sur l’idée d’intérêt. Ce système est autodestructeur car il ne peut prendre au sérieux le long terme, ni une vision élargie, lesquels dépendent du désintéressement qu’on appelle l’intérêt public.

Gris Bronx Brezax Bottines BX Fonc Femme 025 Une société dans laquelle le citoyen individuel détient le pouvoir est complètement différente. Elle peut tolérer, sans problème, les corporations du moment que celles-ci n’interfèrent pas avec le bien public, c’est-à-dire uniquement si les corporations sont correctement régies selon les critères du bien public. Une société bâtie sur le citoyen individuel peut y parvenir, parce qu’elle est construite sur le désintéressement commun des individus. Une société dans laquelle l’individu détient le véritable pouvoir possède un effet modérateur bénéfique, car elle limite la nature autodestructrice des corporations, en les obligeant à se concentrer sur le long terme et sur une vision élargie. Un exemple d’un pays sous l’emprise des corporations, est le Mexique. Grâce à un président réformateur et partisan de l’économie du marché, le Mexique est considéré comme une démocratie avancée. Après une privatisation massive de 80% des entreprises d’État, les résultats sont les suivants : l’État a récolté 21 milliards des privatisations, ce qui, au lieu de stabiliser l’économie, a contribué à son effondrement total. Le seul bilan positif, si on peut l’appeler ainsi, est le fait que le Mexique compte 30 milliardaires de plus, tous des amis du président. Malheureusement pour ceux qui ne font pas partie de ce cercle d’amitié, les salaires ont baissé de 52% entre 1980 et 1994. Avant cette réforme, un tiers des familles mexicaines vivaient dans une extrême pauvreté. Aujourd’hui, les statistiques sont encore pires.

Aux États-Unis, un pays où le corporatisme règne en maître, la situation n’est guère plus réjouissante. Les revenus de 75 millions d’américains sont plus bas qu’en 1966. Près de 20% des américains vivent sous le seuil de la pauvreté. Les inégalités entre les riches et les pauvres augmentent constamment. Selon l’historien conservateur Edward Luttwak, si la situation actuelle se maintient, les États-Unis seront un pays du tiers-monde en 2020. Accepter le corporatisme conduit à ébranler, voire à rejeter la légitimité de l’individu en tant que citoyen d’une démocratie. Un tel rejet provoque un déséquilibre croissant qui incite à privilégier l’intérêt du groupe au détriment du bien public. De nos jours, si les économistes, ardents défenseurs de l’intérêt des corporations, étaient des médecins, ils seraient poursuivis en justice pour faute professionnelle grave. Selon la plupart des économistes, la gestion des affaires de nos gouvernements serait plus efficace dans les mains du secteur privé. Croire que la société serait revigorée si la structure gouvernementale était gérée par le privé, est utopique. Les responsabilités seraient tout simplement transférées à une bureaucratie du secteur privé, aussi apathique, sinon plus, que celle du gouvernement. Les citoyens, qui adhèrent à cette utopie, oublient que le gouvernement est la seule force publique qui est censée leur appartenir et sur laquelle ils peuvent s’appuyer. Les problèmes s’amplifient lorsque les gouvernements tombent sous le contrôle des corporations, lesquelles défendent leurs intérêts au détriment du bien public.

Comment changer les choses ?

Notre capacité à réinstaller une société basée sur le citoyen dépend de notre redécouverte des concepts simples de désintéressement et de participation, lesquels peuvent nous protéger du désir inconscient de chercher refuge dans l’idéologie des lois du marché. Les politiques actuellement en place dans tout l’Occident, sont assises sur une idéologie des lois du marché qui sont tout à fait opposées à l’intérêt public. Tout, depuis l’enseignement jusqu’aux services publics, est restructuré sur la base autodestructrice de l’intérêt personnel des corporations. Le fonctionnement de notre société, dite démocratique, est fondé sur les relations entre les groupes corporatistes. Notre société comprend des milliers de groupes d’intérêt, organisés de façon pyramidale. Le problème n’est pas de savoir qui sont ces groupes. Le problème est que la société est considérée comme une somme de tous ces groupes. La loyauté fondamentale de l’individu ne va pas à la société ; elle va plutôt au groupe auquel il appartient. Les décisions cruciales ne sont pas prises après une véritable participation démocratique, mais après des négociations entre les groupes concernés.

Si nous voulons savoir dans quel genre de société nous vivons, posons-nous la question suivante : "Où se situe la légitimité ?". De la réponse à cette question découle le pouvoir, l’organisation, les attitudes privées et publiques, de même que l’éthique admirée, condamnée ou ignorée. Nous savons tous que les véritables expressions de l’individualisme ne sont pas seulement découragées ; elles sont pénalisées. Le citoyen consciencieux qui défend les intérêts de la collectivité et qui ose dire ce qu’il pense, a peu de chance d’être écouté. Il s’agit là de l’essence même du corporatisme. Ce qui compte, c’est ce que les représentants du corporatisme ont en commun, c’est-à-dire l’opinion qu’ils ont de la légitimité. Pour le corporatisme, la légitimité c’est le groupe et non le citoyen. L’être humain se trouve ainsi réduit à une valeur mesurable, comme une machine ou un bien.

L’origine du corporatisme

Dans les années 1870, les tenants du corporatisme ont commencé à répandre l’idée que le libéralisme était coupable d’un grand péché, soit celui d’avoir accordé l’égalité politique et économique à des individus qui étaient, selon eux, inégaux. Ainsi, les tenants du corporatisme espéraient faire revivre l’ordre hiérarchique. Plus tard, l’allemand Max Weber et le français Émile Durkheim, donnèrent une structure intellectuelle élaborée au corporatisme. À cette époque, on se demandait si le corporatisme devait être fondée sur l’État, sur l’économie ou sur la société. Malheureusement, le seul point important est qu’il fut orienté vers le groupe. La valeur du désintéressement, soit dans le sens du bien public, fut niée et ignorée. En conséquence, le concept du bien public partit en fumée.

En 1891, une encyclique papale, Femme Bronx Bottines 025 Fonc BX Brezax Gris Retrum Novarum, s’opposa à la lutte des classes et proposa une version moderne du parfait ordre social. Cette encyclique semblait vouloir rejeter le marxisme au profit de l’harmonie sociale, alors qu’en réalité, elle rejetait l’humanisme, la démocratie et l’individualisme responsable, au profit d’un partage du pouvoir entre des groupes d’intérêt. Après la première guerre mondiale, ces idées ont préparé une série de coups d’État et de dictatures. Avec l’arrivée de Mussolini et de d’autres dictateurs, le corporatisme s’est retrouvé, pour la première fois, au centre du pouvoir moderne. Le corporatisme contemporain s’appuie sur la formation, le mérite et les structures organisationnelles obligatoirement pyramidales. Cette théorie est livrée d’une façon idéologique par les porte-parole du corporatisme, soit les disciples du marché, les courtisans du néoconservatisme et surtout, par les économistes.

Il en résulte un dénigrement des concepts démocratiques, tels l’égalité et la justice, qui sont remplacés par une nouvelle série d’enseignes sociales. C’est le maréchal Pétain, chef de la France collaboratrice et corporatiste durant la seconde guerre mondiale, qui a le mieux évoqué cette nouvelle approche, en remplaçant la devise : "Liberté, Égalité, Fraternité" par son slogan : "Travail, Famille, Patrie". Les gouvernements fascistes et corporatistes qui ont suivi, ont produit des slogans similaires. Quand on regarde la liste des sept forces personnelles essentielles de l’américain moyen, on découvre que le "travail" arrive en tête de liste. La "famille" occupe quatre variations prétentieuses et à la fin, on retrouve une version encore plus prétentieuse du mot "nation". Il n’y est pas fait mention de liberté, d’égalité, ni d’ailleurs de démocratie, ce qui est surprenant puisque les américains justifient leurs interventions militaires en se basant sur la démocratie.

Conclusion

Sera-t-il possible d’échapper un jour à ce cauchemar utopique qui consiste à croire que le bonheur réside dans l’idéologie des lois du marché et de la globalisation ? Vivre à l’intérieur d’une idéologie, avec des attentes utopiques, c’est vivre dans un vide où l’illusion de la réalité est créée de toutes pièces. Il ne faut pas oublier qu’au cours du dernier quart de siècle, on a constamment invoqué le marché comme source de liberté et de démocratie. Malheureusement, après 25 années de pouvoir, des chefs de file de cette idéologie n’ont pas de résultats à nous présenter. À l’instar des inquisiteurs du Moyen-âge, ils se polarisent sur les moindres détails susceptibles de prouver la présence constante du diable. Ils ont été aux affaires ; ils ont tenu et tiennent encore les leviers du pouvoir et ils n’ont rien accompli dans l’intérêt du bien public. Cette prédominance du marché n’a pas renforcé la démocratie, au contraire. Elle a uniquement consolidé le corporatisme au détriment du citoyen et du bien public.

Comment fuir l’idéologie, ce penchant apparemment congénital chez l’humain ? Nous le pourrions peut-être en appliquant des principes d’humanisme contre l’idéologie ; des principes d’équilibre contre le déséquilibre ou des principes d’harmonie contre ce qui nuit à l’harmonie. Nous pourrions également revenir à des questions plus judicieuses du genre : "Que devrait être la civilisation ?" ou "Qu’est-ce que les humains pourraient réaliser concrètement ensembles et préserver durant une période raisonnable ?" ou encore en nous posant la question essentielle : "Où se situe la légitimité ?", cette question étant au cœur même de la civilisation.

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Source :

Saul, John Ralston*. La civilisation inconsciente ; traduit de l’anglais par Sylviane Lamoine. Paris : Payot : Rivages, 1997, 217 p. (cote Dewey : 909.098 S256c)

* Gris Brezax BX Femme 025 Bronx Fonc Bottines John Ralston Saul est né en 1947, à Ottawa (Canada). Après des études à Londres et à Paris, il a fait carrière dans la finance et l’industrie. Il a abandonné sa carrière pour se consacrer à l’écriture. Il a écrit « Baraka », « Mort d’un général », « Paradis Blues », « les Bâtards de Voltaire », « Le Compagnon du doute », « De si bons américains » et son dernier : « Mort de la globalisation ».

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