La crainte soulevée par l’apparition du choléra en Algérie se transmet à d’autres pays. Ainsi, les passagers d’un avion, faisant la liaison Oran-Perpignan, dans le Sud de la France, ont tous été « suspectés » d’avoir porté du choléra avec eux.

Mais plus de peur que de mal. Puisque plusieurs heures après avoir été admis dans un centre de santé de la ville, la majorité des passagers ont été autorisés à aller chez eux. Un enfant a par contre été envoyé pour des analyses, indique l’AFP qui cite des sources locales. « Un enfant est susceptible d’être porteur du choléra et a été évacué vers l’hôpital pour des examens », ainsi que sa mère et ses proches, ont indiqué à l’AFP les pompiers et la préfecture du département. « Des prélèvements vont être faits sur l’enfant pour vérifier » si ce cas est avéré.

Selon la même source, les 136 autres passagers et les membres d’équipage de l’avion  de la compagnie ASL Airlines qui devait atterrir à 11h45, ont été évacués de l’appareil vers 15 H 00, après avoir été retenus à bord un peu plus d’une heure. Encadrés par les pompiers, ils ont quitté l’avion après une “désinfection des mains” et une prise de renseignement sur leurs adresses et identités afin de suivre l’évolution de leur état de santé, si le cas de choléra était confirmé, selon la préfecture.

«Le risque de choléra a été écarté», a annoncé, pour sa part, la préfecture des Pyrénées-Orientales mercredi en début de soirée. Les 136 passagers et 5 membres d’équipage d’un appareil de la compagnie française ASL Airlines, qui avait décollé ce mercredi matin d’Oran, en Algérie, avaient été retenus à leur arrivée, à 13h45, à l’aéroport de Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Les prélèvements de selles vont être mis en culture par le Centre national de référence (CNR) du choléra en France, à l’Institut Pasteur, le seul en mesure de dire si le patient est ou non atteint par la maladie, explique. « On peut avoir les résultats en moyenne en 2 à 3 jours, mais cela peut être plus rapide si on isole la bactérie tout de suite et parfois un peu plus long », a expliqué Marie-Laure Quilici, la responsable du CNR, cité par l’AFP.

Les personnes à bord ont été confinées à l’intérieur de l’avion jusqu’à la visite d’un médecin régulateur. Les autorités ont préféré prendre toutes les précautions en raison du risque induit par l’épidémie de choléra détectée en Algérie au mois d’août, qui serait désormais maîtrisée selon les autorités algériennes.

« Bien qu’il s’agisse d’une pathologie contagieuse, sa transmission interpersonnelle est difficile car elle nécessite un contact direct ou indirect, par ingestion, avec des matières fécales et/ou des vomissures », a estimé la préfecture. Avant les résultats de l’analyse, l’avion a été autorisé à repartir à vide à Oran où le nettoyage et la désinfection seront effectués.

Officiellement, le ministère français de la Santé incite à la prudence les compagnies aériennes afin de limiter les risques de propagation de la maladie. Des consignes précises sont données aux compagnies aériennes : « La DGS a informé la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), qui a diffusé une information auprès des compagnies aériennes et des aéroports ayant des liaisons directes avec l’Algérie. »

Il leur est précisé que si un patient transporté était pris « de vomissements ou de selles » — mode de contagion de la bactérie — « il était de leur responsabilité de désinfecter l’avion ».