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dimanche 26 avril 2015

Rationalisme et empirisme, aujourd'hui.

On affirme souvent que l'époque moderne est le lieu d'un affrontement entre empiristes, parmi lesquels on range Hobbes, Locke, Hume, et les rationalistes, parmi lesquels on trouve Descartes, Leibniz. L'opposition est évidemment un peu simpliste, mais loin d'être idiote, et c'est Leibniz lui-même, dans ses Nouveaux Essais, qui a bien montré qu'il y a un profond désaccord entre lui et Locke. Kant aussi, a participé, dans la Critique de la raison pure, à marquer cette opposition. Je préfère ne pas me prononcer sur l'appartenance de Kant à un camp, car il a critiqué autant l'empirisme que le rationalisme. 
Telle qu'elle a été construite à l'époque, cette discussion oppose un camp pour qui toute la connaissance vient de l'expérience, si ce n'est directement, au moins de manière dérivée, et un camp pour qui la raison est capable de produire seule de nouvelles connaissances. Pour un empiriste, la raison n'apporte pas de nouveau contenu de connaissance, elle ne peut que combiner à sa manière des connaissances acquises empiriquement. Chez Hume, on trouve aussi l'idée que les inférences rationnelles ne sont rien de plus que des inférences acquises par l'habitude d'observer des connexions entre phénomènes, ou bien, pour les inférences les plus abstraites (mathématiques, logique), des inférences tirées de la seule contemplation du contenu interne d'une idée. En bref, la raison ne peut absolument pas apporter de contenu nouveau, et même ses opérations formelles n'ont rien de spécifique, elles sont entièrement déterminées par la nature de l'expérience. Alors que pour un rationaliste, la raison peut apporter a priori un contenu nouveau. Descartes pense que ses méditations métaphysiques montrent qu'un dieu existe, qu'il n'est pas trompeur, que nous pouvons nous fier à notre expérience, qu'il y a deux substances, etc. 
Je ne prétends pas que ce débat soit devenu sans intérêt. On trouve encore aujourd'hui des philosophes qui prétendent pouvoir donner une connaissance métaphysique de la nature, donc une connaissance a priori. Mais je souhaite montrer que la discussion entre rationalisme et empiriste a aujourd'hui un autre aspect. 

Pour être un peu plus précis, l'enjeu de ce post est de distinguer deux débats : 
1) l'opposition entre rationalisme et empirisme.
2) l'opposition entre cohérentisme et fondationnalisme. 
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Il faut faire cette distinction, parce qu'il y a une pente glissante qui nous pousse à identifier empirisme et fondationnalisme, ainsi que rationalisme et cohérentisme. Or, cela n'a rien à voir. La première opposition relève de la nature de la connaissance. La seconde opposition relève de la justification de la connaissance. Et ces deux thèmes doivent rester distincts.
Pour cerner la première discussion, je m'appuierai sur L'esprit et le monde, de McDowell, qui situe très bien les enjeux, même s'il lui arrive de mélanger les deux discussions. McDowell se classe lui-même, à raison, avec les empiristes. Et il situe Davidson du côté des rationalistes, à raison, également. Son argument est le suivant : pour que la raison ne soit pas libre de penser n'importe quoi au sujet du réel, il faut que ce réel puisse venir contraindre la raison. En termes quiniens, il faut que l'expérience puisse être un tribunal, qui donne un verdict au sujet de nos croyances. Il faut que nos croyances puissent être réfutées ou validées par l'expérience. Il faut donc que nous puissions dire que ceci ou cela est vrai parce que nous le voyons, ou par "voir", on entend "faire une expérience visuelle". Si l'expérience n'était pas un tribunal, la pensée perdrait tout contact avec le monde, et elle ne pourrait pas être au sujet du monde. McDowell reproche justement à Davidson de ne pas avoir d'explication satisfaisante de la manière dont la pensée arrive à s'ancrer dans le monde. Davidson aurait une conception de la pensée dans laquelle celle-ci n'a affaire qu'à elle-même, et jamais aux faits bruts, au monde extérieur, de sorte que, n'étant contrainte par rien, il lui est parfaitement possible de penser n'importe quoi.
La position de McDowell, représentante de l'empirisme, consiste donc à soutenir qu'un fait naturel, à savoir le contact visuel (ou d'un autre sens) avec un objet empirique peut constituer une justification pour une croyance. La connaissance a pour origine un événement naturel. Et seule cette contrainte venant du monde permet à l'esprit de ne pas tourner à vide.
La position de Davidson, quant à elle, est exposée dans "A coherence theory of truth and knowledge". Ici aussi, je compte dégager le noyau rationaliste du propos, et l'isoler des discussions relatives au cohérentisme. Pour Davidson, l'expérience, en tant qu'il est un phénomène du monde, ne peut jamais constituer une justification de croire. Un fait ne justifie rien du tout. Un fait est là, c'est tout. Un fait peut bien entendu avoir un effet sur notre rétine, sur notre système nerveux, sur notre psychologie toute entière, mais il reste une différence indépassable entre tout ce que ce fait produit, et tout ce que l'on doit penser à son sujet, tout ce que l'on est justifié à penser de lui. La justification des croyances relève d'un ordre complètement distinct des mécanismes causaux produisant en nous tels ou tels effets. Pour Davidson, seule une croyance, donc une entité soumise à des normes de rationalité et à une exigence de vérité, peut servir de justification à une autre croyance. Dire que seules des croyances peuvent justifier d'autres croyances a en effet une apparence cohérentiste. Mais il faut pourtant lutter contre cette apparence trompeuse. L'essentiel de la thèse rationaliste porte sur la nature de la connaissance : une connaissance est une pensée qui a passé l'épreuve de normes rationnelles : une pensée est vraie si elle est rationnellement déductible d'autres pensées qu'on tenait déjà pour vraies, ou bien si son contenu suffit à montrer qu'elle est vraie en vertu des seules lois logiques. 
La position rationaliste de Davidson consiste donc à soutenir que seule la rationalité d'une croyance est un critère légitime pour l'adoption de cette croyance, et que la rationalité doit être prise au sens étroit du terme, à savoir au sens de la satisfaction de règles logiques d'inférence. De sorte que les croyances qui nous viennent naturellement de notre contact physique avec le monde ne peuvent pas être justifiées par leur seule naturalité, elles ne sont pas vraiment des connaissances. La pensée a donc bien sûr des limites, contrairement à ce que soutient McDowell, mais ces limites ne sont pas rationnelles. Elles relèvent des croyances qui, de fait, naissent en nous.
Je résume ce qui me semble le cœur de l'opposition entre empirisme et rationalisme : pour l'empirisme, nous sommes justifiés par l'expérience d'avoir les pensées que nous avons. Pour le rationalisme, seule une justification logique est une justification, et les pensées venant de l'expérience échappent entièrement à la rationalité. 

Le second débat est plus connu. La position fondationnaliste consiste à défendre l'idée que certaines connaissances seraient évidentes par elles-mêmes, et par conséquent qu'elles n'auraient pas besoin d'être justifiées au moyen d'autres connaissances. Alors que la position cohérentiste soutient que les croyances sont toujours justifiées par d'autres croyances, et qu'aucune n'est vraie par elle-même, le seul critère de justification étant la cohérence d'ensemble des croyances. 
Or, il est possible d'être fondationnaliste et empiriste, mais aussi fondationnaliste et rationaliste. Un fondationnaliste empiriste dira que les connaissances acquises par expérience sont évidentes par elles-mêmes. La liste des auteurs ayant adopté cette position est longue. Elle commence avec Hobbes. Mais on peut être fondationnaliste et rationaliste, si on pense que la raison nous dévoile a priori quelques connaissances évidentes par soi, comme l'existence de notre être, la vérité du principe de non-contradiction, ou que sais-je encore. Descartes et d'autres ont cette position.
Et il est aussi possible d'être cohérentiste et empiriste, si on pense, comme Quine (ou Neurath), que l'expérience fournit le socle de toutes nos connaissances, et peut aussi affecter n'importe laquelle de nos autres connaissances, y compris les plus abstraites. La connaissance forme un grand système avec de nombreuses interactions, un réseau, et non pas une pyramide reposant sur des vérités de base non révisables. Enfin, il est possible d'être cohérentiste et rationaliste, comme l'est Davidson, qui refuse absolument l'idée d'un tribunal de l'expérience, qui pense que percevoir quelque chose ne justifie absolument pas la croyance qu'il y a quelque chose, et qui pense que toute croyance ne peut être adoptée que dans la mesure où elle s'intègre correctement dans l'édifice du système de nos croyances. 
En résumé, le débat sur le cohérentisme et le fondationnalisme est un débat sur la justification de la connaissance. Il porte sur l'opposition entre un modèle linéaire et un modèle circulaire de la connaissance. Or, cette discussion est entièrement indépendante du statut qu'il faut accorder à l'expérience et à la rationalité. Je ne dirai rien de plus sur la question du cohérentisme et du fondationnalisme. 

Je reviens par contre à l'empirisme et au rationalisme. La faiblesse de l'empirisme est de passer très difficilement l'épreuve du mythe du donné. Le mythe du donné est un argument de Sellars contre l'idée d'acquaintance, de connaissance directe de quelque chose par l'expérience. Pour Sellars, une expérience sensible n'est qu'un phénomène psychologique, et non pas quelque chose qui relève de l'ordre de la connaissance, donc de considérations normatives. L'expérience produite par un objet sur un individu n'est pas une expérience au sujet de cet objet, et elle n'est pas non plus une connaissance de cet objet. Seule une pensée peut être au sujet d'un objet, et être une connaissance de cet objet. Et pour cela, il faut qu'elle s'inscrive dans un espace différent de celui de la nature, elle doit s'inscrire dans l'espace des raisons. 
Pour le dire autrement, pour être au sujet de quelque chose, une phrase, une croyance doit être une affirmation, et affirmer suppose utiliser des concepts. McDowell admet ceci, et en tire un idéalisme radical. Le monde est toujours déjà conceptualisé, la moindre expérience est déjà conceptuelle, de sorte que tout contact naturel avec le monde est en même temps capable de "jouer un coup" dans l'espace des raisons. Si une impression rétinienne n'était qu'une impression rétinienne, il serait injustifié de croire que, par exemple, cette pomme est verte. Par contre, puisque l'expérience se donne d'emblée comme conceptualisée, que notre expérience est toujours déjà une expérience du vert de la pomme, alors nous sommes autorisés à dire que cette pomme est verte. Alors que si l'expérience nous arrivait non conceptualisée, il semble que l'opération de plaquer des concepts serait totalement arbitraire, injustifiée, et que l'on arriverait à la position que McDowell impute à Davidson, à savoir une pensée qui pense sans entrave, sans limite. 
Le problème de McDowell est évidemment que cet idéalisme est franchement difficile à admettre, et qu'on peut défendre Davidson contre ce dont on l'accuse, ce qui permet de ne pas avoir à recourir à l'idéalisme de McDowell. En effet, que dit Davidson? Qu'il n'y a pas à s'occuper de la manière dont la nature produit en nous des croyances. Ce n'est du moins pas quelque chose qui relève de l'épistémologie, mais seulement de la psychologie. Ce qui par contre concerne la philosophie, c'est que ces croyances doivent être globalement vraies, en raison des conditions d'apprentissage d'une langue, qui suppose qu'une bonne partie des phrases que nous admettons soient vraies (en résumé : nous apprenons ce que signifie des phrases en comprenant ce qui est le cas quand elles sont vraies, ce qui implique que nous ayons globalement ajusté le sens de nos phrases pour les rendre vraies en majorité). Bien entendu, ceci ne justifie aucune croyance particulière. En effet, une justification doit être une raison, et une raison doit être une considération rationnelle, et les seules considérations rationnelles sont des considérations qui relèvent de la logique, donc de la cohérence d'une proposition par rapport à d'autres, ou du caractère tautologique ou contradictoire d'une proposition.
Davidson n'a pas besoin d'être idéaliste, parce qu'il n'a pas besoin de soutenir que l'ensemble de la réalité est toujours déjà conceptualisée. Pour lui, l'application de concepts commence seulement avec l'usage d'une langue, ce qui est une thèse assez modeste et facile à accepter (on peut sans doute la discuter, et admettre que certains animaux aient des capacités conceptuelles, mais c'est beaucoup moins fort qu'admettre la thèse de McDowell sur l'illimitation du conceptuel). Ce n'est donc qu'au sein de pratiques linguistiques que peut se poser des questions de justification. Justifier, c'est utiliser des phrases pour en justifier d'autres. Et seules ces phrases peuvent faire référence à des concepts. Alors qu'une expérience, elle, ne fait aucune référence à un concept, et en cela, je peut jamais rien justifier. Pour qu'une expérience puisse jouer un rôle de justification, il faut que cette expérience soit encapsulée dans une phrase utilisant un ou des concepts. Or, cette opération d'encapsulage n'est pas une opération conceptuelle.

Portobello Femme Gabor Bottes Bottes Gabor Femme Classiques Classiques Portobello J'espère avoir rendu claire la différence entre la discussion moderne sur le rationalisme, qui porte sur la question de savoir si la raison peut apporter de nouvelles connaissances, et la discussion contemporaine, qui porte sur la question de savoir la raison est la seule source de justification des croyances. Le débat moderne avait tendance à mélanger les considérations sur l'origine et celles sur le fondement. Le débat contemporain sépare mieux ces considérations. Le débat à mon sens le plus intéressant est celui du fondement. Il s'agit de savoir si l'expérience peut être un fondement, ou si la raison seule est un fondement de la connaissance. Il me semble que les arguments de Sellars et de McDowell nous font définitivement pencher du côté du rationalisme. 
Ainsi, ce qui justifie une croyance, c'est la vérité d'une autre proposition. Aucun événement du monde ne justifie quoi que ce soit. C'est le vrai, et non le réel, qui justifie les croyances. 

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