Un article du dossier Analyses > Monnaie
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màj : 6 sept. 2018

Sommaire

Fonctions et formes de la monnaie

La section "Fonctions" répond à la question « Pourquoi utilise-t-on des unités monétaires », tandis que la section "Formes" répond à la question « Comment utilise-t-on les unités monétaires ? ».

Pourquoi : fonctions de la monnaie

La monnaie est utilisée pour :

  • les échanges commerciaux (la monnaie est moyen de paiement permettant de se passer du troc)
    --> type : flux ;
    --> prérequis : cours légal ;

  • l'épargne (la monnaie est réserve de valeur : elle ne dépérit pas physiquement et prend peu/pas de place)
    --> type : stock ;
    --> prérequis : valeur stable (*) ;

  • l'enregistrement comptables des flux et stock (la monnaie est étalon de valeur)
    --> type : unité de compte ;
    --> prérequis : valeur stable (*).

(*) La stabilité est une notion relative : un actif pourra d'autant plus facilement faire office de monnaie que sa valeur sera stable ; ou encore : entre deux actifs, les agents économiques préféreront utiliser comme monnaie celui dont la valeur est la plus stable.

On notera qu'un échange peut consister en l'échange d'une forme de monnaie liquide contre une autre forme d'actif financier, moins liquide mais plus apprécié comme instrument d'épargne (bons du Trésor, etc) ou de spéculation (actions, etc).

Comment : formes de la monnaie

La masse monétaire (notée M) - la "monnaie en circulation" - est composée de plusieurs niveaux de monnaie selon le degré de liquidité des actifs monétaires considérés :

Monnaie
fiduciaire

Par le passé la monnaie était essentiellement constituée de pièces d'or ou d'argent. Par la suite des pièces de métal non précieux et des billets de papier ont été utilisés. Bien que leur valeur intrinsèque est quasiment nulle, leur valeur nominale est cependant (très) supérieure s'il est facile de les convertir en un bien ayant une valeur d'échange (or, etc), de sorte que la valeur d'échange de celle-ci est étendue à celle-là. Ensuite, avec l'apparition de la comptabilité en partie double puis de l'informatique, la monnaie fut "dématérialisée" sous forme de monnaie scripturale c-à-d d'écritures comptables (comptes bancaires).

Par "fiduciaire" on entend le fait que, la valeur intrinsèque de la monnaie moderne étant très faible par rapport à sa valeur nominale, cette monnaie ne peut acquérir une valeur d'usage comme instrument d'échange qu'à la condition que les agents économiques aient confiance dans le fait qu'elle sera acceptée comme instrument de paiement par l'ensemble des agents économiques. C'est pourquoi on parle de monnaie "fiduciaire", du latin "fiducia" signifiant "confiance". En attribuant à une monnaie un cours légal l'État confère de facto cette confiance, et partant, une valeur d'usage à la monnaie.

Il est donc erroné de qualifier exclusivement les pièces et billets de monnaie fiduciaire (PS : erreur très fréquente) puisque, comme nous venons de le montrer, la monnaie scripturale est également fiduciaire !

Liquidité

La "liquidité" d'un actif financier est inversement proportionnelle au coût que son détenteur doit encourir pour le convertir en actif monétaire liquide c-à-d de type M1 (M4-M3 étant constitué des actifs monétaires les moins liquides), dont la caractéristique est d'être acceptée par tous les agents économiques nationaux et dont la valeur nominale est stable à l'intérieur du pays (contrairement aux autres actifs financiers). Par exemple si vous transférez une partie de votre compte d'épargne (M2-M1) vers votre compte à vue (M1) vous perdez la prime de fidélité. On comprend alors que les agents économiques peuvent avoir une préférence pour la liquidité, notamment lorsque le niveau des taux d'intérêt est faible.

À noter qu'avec le développement des systèmes de paiement électroniques, le coûts des transactions diminue pour l'ensemble des biens (financiers ou non).

Monnaie ou pas ? Il n'y a pas de limite dichotomique entre actif "liquide" et "pas liquide", il s'agit plutôt d'un continuum le long duquel la liquidité diminue c-à-d qu'augmente le coût de transaction pour transformer un forme de monnaie (M2-M1, M3-M2, M4-M3, ...) en M1, monnaie "totalement liquide" en ce qu'elle est disponible immédiatement (pas de coût de conversion) et acceptée comme moyen de paiement par tous les agents économiques (du moins nationaux). C'est pourquoi il n'y a pas de consensus quant à savoir ce qui est de la monnaie ou pas. Ainsi la Banque centrale européenne considère que M = M3 tandis que pour la BC US M = M2 (elle considère que M3 n'apporte aucune "information" supplémentaire par rapport à celle déjà contenue dans M2 ...).

Monnaie
de base

Également appelée "monnaie Banque centrale", elle est composée (i) des comptes des banques à la Banque centrale (notés R pour "réserves obligatoires") et (ii) des billets & pièces en circulation (repris dans M1) :

  • MB = R + billets & pièces     (USA : R=10%, billets & pièce = 90% en 2007).

MB est donc une notion composite puisque les billets & pièces font partie de M tandis que les comptes des banques à la BC n'en font pas partie (ils ne constituent pas de la "monnaie en circulation" mais de la "liquidité bancaire").

Ces réserves obligatoires n'étant pas rémunérées (ou très peu) par la Banque centrale, les banques commerciales visent à les maintenir à leur niveau minimum. D'autre part, quotidiennement, certaines banques sont en excès de réserves obligatoires tandis que d'autres sont en déficit (le coefficient obligatoire de réserve doit être vérifié en moyenne, sur une certaine période – par exemple tous les mercredi en quinze). Les secondes peuvent emprunter aux premières pour respecter les coefficient (clearing). Ces notions sont développées dans l'article sur la création monétaire.

Questions :

  1. Dans la mesure où les pièces et billets tendent à disparaître ne serait-il pas judicieux de redéfinir plus simplement la monnaie de base comme étant « toute forme de monnaie détenue par le système bancaire (c-à-d les banques et la Banque centrale) » ?
  2. Si toute la monnaie n'existe plus que sous forme de comptes bancaires, et dès lors que les banques sont également des agents économiques, la distinction entre "monnaie de base" et de "monnaie en circulation" font-ils encore sens ?
  3. Les agrégats monétaires (i) sont ils mesurables avec suffisamment de précision, et (ii) représentent-ils effectivement la totalité (ou ne serait-ce que la plupart) des instruments de paiement ?

Politique monétaire

Les principaux champs d’application de la politique monétaire sont la confiance ainsi que sa gestion quantitative et qualitative. Nous commencerons par souligner le rôle déterminant dans la confiance des agents économiques dans la monnaie nationale. Enfin nous montrerons que la gestion quantitative et qualtitative de la création et allocation monétaire est "de facto" privatisée.

Valeur d'usage de la monnaie

Pour qu'une monnaie soit utilisée comme instrument de paiement ses utilisateurs doivent avoir la garantie qu'elle sera toujours acceptée en tant que tel par la plupart des agents économiques. Parmi les déterminants de la crédibilité de cette garantie auprès des agents économiques, et donc de la valeur d'usage de la monnaie, l'Etat joue un rôle essentiel :

  1. en attribuant de cette monnaie un cours légal, c-à-d en instituant que la monnaie ne peut être refusée comme moyen de paiement (sauf exceptions, comme par exemple une certaine somme de monnaie sous une certaine forme de moyen de paiement) ;

  2. en acceptant cette comme moyen de paiement des impôts (ce qui oblige les agents économique à se procurer cette unité de compte, et partant favorise les échanges dans cette monnaie);

  3. en utilisant cette monnaie pour payer ses dépenses et les salaires de ses fonctionnaires ;

  4. en combattant la contrefaçon monétaire au moyen du système policier/judiciaire ;

  5. en assurant une gestion quantitative de la masse monétaire supposée minimiser le risque d'inflation et de spéculation sur la devise (PS : certaines BC ont en outre pour mission de stimuler la croissance économique).

Gestion quantitative (création monétaire)

De combien le stock monétaire doit-il être augmenté (ou - beaucoup plus rarement - diminué) par rapport à l'évolution de l'activité économique ?

Bien que la monnaie moderne, étant dématérialisée, n'est plus soumise à une contrainte de rareté (baisse de la fréquence de découverte et de la taille de nouveaux gisements d'or et d'argent), elle demeure cependant soumise à une contrainte d'optimalité quantitative car la masse monétaire en circulation doit correspondre aux besoins de l'économie : trop élevée elle génère de l'inflation, trop faible elle freine l'activité économique. L'offre de monnaie doit s'adapter à la demande de monnaie utilisée pour les investissements et la consommation. C'est pourquoi il importe de contrôler l'évolution du volume de la masse monétaire en circulation, ce qui revient à maintenir une contrainte de rareté. La gestion quantitative de la monnaie est réalisée par le secteur bancaire (banques commerciales + Banque centrale).

Gestion qualitative (allocation monétaire)

À qui et pour quels projets la monnaie crée devrait-elle être allouée ? (répartition - dans l'espace et le temps - de la création monétaire).

Pour être optimale l'allocation de la monnaie créée (c-à-d sa répartition dans l'espace et le temps) entre les divers agents économiques (ménages, entreprises et État) devrait viser à répondre le plus efficacement possible aux besoins de l'ensemble des individus, et à minimiser les effets négatifs de l'activité économique (pollution, spéculation, corruption, ...). La gestion qualitative de la monnaie (allocation monétaire) est exercée par les banques commerciales, qui décident combien et à qui elles vont prêter de l'argent, cela contre rémunération (intérêts et frais de gestion).

La section suivante développe le cadre théorique dans lequel la politique monétaire est actuellement menée, puis compare théorie et pratique.

Dynamique monétaire

femmes Mephisto Mephisto Mephisto femmes P5124668 femmes femmes P5124668 P5124668 Bottine Bottine Bottine Mephisto P5124668 Croissance et cycles économiques

Croissance exponentielle. sur le long terme (durant les deux derniers millénaires) l'économie mondiale mesurée par le PIB/hab a crû de façon exponentielle [Boots Rangers EU Warm Bianco 33 49031 Polido 33 Femme PwCpqzZ]. Cependant à plus court terme on observe des cycles enchaînant périodes de croissance et de décroissance autour de la tendance exponentielle. Notons que les périodes de décroissance peuvent durer plusieurs dizaines d'années, c-à-d une bonne partie de la vie d'un homme [Boots Rangers EU Warm Bianco 33 49031 Polido 33 Femme PwCpqzZ].

Dans le cercle une période de récession historiquement accentuée suivie d'une période de croissance historiquement accentuée.

La tendance exponentielle serait le fruit du progrès technologique. Quant aux cycles il existe diverses théories pour les expliquer, mais aucune ne nous apparaît convaincante, contrairement à l'approche thermodynamique (malheureusement ignorées par la plupart des économistes).

Cycles thermodynamiques. L'approche thermodynamique du phénomène économique telle que développée par le physicien François Roddier repose sur le fait que toutes les structures dissipatives – du cyclone à la société humaine – produisent du travail mécanique en décrivant des cycles semblables aux cycles de Carnot : « Les structures dissipatives s’auto-organisent en décrivant des cycles de Carnot, autour d’un point d’équilibre dynamique entre des forces opposées. Dans le cas de l’économie, il s’agit d’un point d’équilibre entre l’offre et la demande. Tandis que l’offre incite à la compétition, la demande incite à la coopération. Il s’en suit que, comme un moteur à quatre temps, l’économie passe par quatre phases successives appelées: dépression, expansion, stagflation et crises ». Nous reviendrons sur cette approche thermodynamique de la croissance économique dans la suite du présent article ainsi que dans celui consacré au développement durable.

Accentuation des cycles par le système bancaire. Ce qui nous intéresse ici c'est l'action des banques sur les cycles économiques (donc depuis que les banques modernes existent, c-à-d depuis le 18° siècle). L'histoire économique récente suggère que les banques auraient tendance à prêter (donc créer) trop de monnaie dans la phase croissante d'un cycle (sur-optimisme), et pas assez en période de décroissance (sur-pessimisme), ce qui aurait pour effet d'accentuer les fluctuations (effets de bulles). La Banque centrale est supposée neutraliser cette action procyclique accentuatrice par une politique contracyclique (par exemple abaisser ses taux directeurs en période de décroissance pour inciter les banques à prêter plus, et les augmenter en période de croissance pour inciter les banques à prêter moins) [source p.73]. Mais la BC pilote à l'aveugle car l'économie est un El Femme Bottes Chukka Caldera Pleasant Angkor Naturalista N974 vqw0Pvr.

Dans le présent article et les autres du dossier "Monnaie" nous développons la thèse selon laquelle la création et allocation monétaire opérée par le système bancaire (banques commerciales et Banque centrale) est nuisible à la collectivité, et profite énormément aux propriétaires des banques. L'article consacré à la théorie relative de la monnaie présente une rationalisation collective du système monétaire.

La section suivante présente le cadre théorique dans lequel les Banques centrales définissent leur action. Ensuite nous confronterons la théorie avec les faits empiriques.

M V = P Q

Supposons une économie telle que durant l'année T1 deux transactions ont eu lieu : 3 unités du bien X et ont été achetées pour 5$, et deux unités du bien Y pour 10$. Il en résulte que (i) la masse monétaire qui a été échangée (on dit aussi "qui a circulé") cette année là fut de 5+10=15$, et (ii) cette circulation a eu pour contrepartie réelle l'échange de 3X+2Y de sorte que 3X+2Y=15$. Supposons en outre que la masse monétaire totale (M) était de 20$. Si nous notons V (pour "vitesse de circulation de M") le rapport 15/M nous avons alors que, cette année là : V = 75% et 3X+2Y = 0.75 * M.

Notons d'autre part que durant l'année comptable une même unité de monnaie peut être utilisée successivement pour plusieurs transactions. Ainsi par exemple l'année suivante (T2), malgré que M soit resté constante (hypothèse), l'économie pourrait connaître une activité plus intense c-à-d un plus grand nombre de transactions, par exemple : 2X pour 6$ (le prix du bien X a donc connu une inflation par rapport à T1), 1Y pour 5$ et 7Z pour 14$. On a donc eu cette seconde année : 2X+1Y+7Z = 6$+5$+11$ = 25$ = 1.25 * M

L'on peut formuler tout cela plus généralement de la façon suivante (égalité de Fisher) :

M * V = P * Q   ( 1 )

ou encore    Y / M = V      où :

  • Y (≅ PNB) = P * Q   où
    • P : prix moyen des transactions économiques comptabilisées pendant la période de mesure ;
    • Q : nombre des transactions économiques comptabilisées pendant la période de mesure.
  • M : masse monétaire ; V : vitesse de circulation de M
  • Si on a appelé "femmes Mephisto P5124668 P5124668 femmes Bottine Mephisto P5124668 femmes Bottine Mephisto P5124668 femmes Mephisto Bottine vitesse de circulation monétaire" le rapport Y / M c'est donc bien parce que ce ratio exprime le nombre de fois que la monnaie change de mains au cours de la période durant laquelle le PIB est mesuré : Y = V * M   100 Assault Assault Demonia Bottines Femme Demonia Bottines 100 Demonia 100 Assault Femme wtqpCp
  • Notons que V est un rapport entre un stock (M, calculé en t) et un flux (Q, somme des transactions de t-1 à t). Comprenons donc bien que M ne reflète pas le patrimoine économique, il n'est que la masse monétaire nécessaire pour augmenter celui-ci.

Les statistiques économiques calculées chaque mois montrent que M est généralement inférieur à Y (de sorte que V ≥ 1). Début 2014 dans la zone euro on mesurait : VM3 ≈ 1 et VM2 ≈ 2. On notera que le rapport historique VM3 < VM2 confirme la pertinence de l'interprétation de V comme vitesse de circulation monétaire : la monnaie globalement moins liquide circule moins vite que la monnaie globalement moins liquide.

Vitesse vs
liquidité

La vitesse de circulation de la masse monétaire est parfois associée (erronément) à son degré de liquidité [exemple], car l'augmentation de la liquidité c-à-d la baisse du coût de transaction lié à l'utilisation d'un actif financier comme instrument d'échange, se traduit généralement (mais pas nécessairement) par une augmentation de la vitesse de circulation monétaire. Il convient cependant de ne pas confondre ces deux grandeurs.

V constant ?

L'efficacité (la précision) de l'égalité quantitativiste en tant qu'instrument de pilotage monétaire est fonction de la stabilité de V : plus son écart-type est grand, moins l'égalité de quantitativiste est efficace. Le graphique ci-dessous montre que dans la zone dollar l'efficacité est supérieur si l'on pose M égale à M3 ou M2 que si l'on pose M égale à M1 (rappel : M3 comprend M2 qui comprend M1).

Les variations de V sont probablement déterminées par celles de l'épargne (-) et par le développement des moyens de paiement (+ : hausse de la rapidité, baisse du coût).

Interprétations

Si dans l'équation M * V = P * Q on considère que V est constant (et, par exemple, égal à 1 si M = M3) on peut alors faire le type de raisonnements suivants :

  • soit Q constant, alors ΔM > 0 ΔP > 0 : une hausse de M a nécessairement comme contrepartie une hausse de P, et inversement ;
  • soit M constant, alors une hausse de Q requiert nécessairement une baisse de P ;

    Mais peut-on aussi affirmer qu'une économie planifiée où le statut de grande entreprise serait monopole public pourrait systématiquement provoquer une hausse de Q en baissant les prix ? .

  • soit P constant, alors une hausse de Q est impossible sans hausse de M.

    Mais peut-on aussi affirmer qu'une économie planifiée où le statut de grande entreprise serait monopole public pourrait systématiquement provoquer une hausse de Q en augmentant M ?

L'égalité quantitativiste peut donc être interprétée de façons très diverses voire même opposées, en posant (i) que certaines hypothèses sont toujours vérifiées, ou encore (ii) qu'au delà de la simple égalité comptable il existerait une relation de cause à effet telle qu'une variable serait explicative et l'autre dépendante.

V constant ? Ne perdons pas de vue que les raisonnements ci-dessus ne sont possibles que parce que nous avons posé V constant. Or V n'est pas constant, il est juste relativement stable autour de 1 pour M3 et M2. Se pose alors la question de savoir si l'écart-type de V est suffisamment bas pour pouvoir faire de l'égalité M * V = P * Q une instrument de mesure et de décision pour le pilotage monétaire.

Neutralité de la monnaie ?

Commençons par rappeler que l'offre de monnaie, c-à-d la création monétaire, est le fait du secteur bancaire, via les crédits, sous pilotage de la Banque centrale. Quant à la demande de monnaie elle vient de l'ensemble des agents économiques (ménages, entreprises, État), et peut être consacrée à la consommation, des investissements ou épargnée.

Énoncé prudent (comptable)

L'énoncé prudent de la neutralité de la monnaie est une simple déduction comptable de l'égalité quantitative MV=PQ : (soit V supposé constant) il peut arriver que la création monétaire se traduise intégralement en inflation c-à-d qu'il n'y a aucun effet sur la production (donc non plus sur l'emploi). Il importe donc de faire en sorte que la création monétaire se traduise le moins possible en inflation et par conséquent le plus possible en croissance de la production ("neutralisation de la politique monétaire").

Prudent ? Notons que cet énoncé "prudent" ne l'est pas tant cela puisqu'il repose sur l'hypothèse que MV=PQ décrit la réalité.

Mais, concrètement, comment neutraliser efficacement la politique monétaire ?

Énoncé audacieux (libéral)

La réponse académique à la question posée est une parfaite illustration de la manipulation idéologique libérale, qui mine les facultés d'économie. Ainsi les manuels reformulent l'énoncé comptable en lui associant une réponse libérale.

La recommandation des économistes précédente libéraux (mais qu'ils présentent comme une "loi naturelle") est qu'il faut laisser opérer les marchés (entendez, en l’occurrence, les banques puisque ce sont elles qui créent la monnaie), et surtout éviter que l'État intervienne (planification) sauf pour réglementer les marchés afin que soient effectivement vérifiées les hypothèses de concurrence parfaite.

Ainsi, selon l'énoncé libéral de la thèse de neutralité monétaire, dès lors que la création monétaire est réalisée par le crédit bancaire (entendez "par les banques privées"), la monnaie est nécessairement adaptée aux besoins de l'économie. Par conséquent toute politique de relance économique menée par la Banque centrale en créant de la monnaie supplémentaire se traduirait intégralement en inflation et n'aurait aucun effet sur la production de biens et services (sauf à court terme en raison d'une certaine inertie dans l'adaptabilité des prix). Autrement dit, « il ne sert à rien de mener à l'abreuvoir un cheval qui ne veut pas boire ».

Par conséquent la politique monétaire devrait veiller à ce que la masse monétaire progresse à un taux égal au taux de croissance à long terme de l’économie augmentée du taux d’inflation non monétaire. Mais ces deux grandeurs sont-elles mesurables, et dans l'affirmative le sont-elles avec suffisamment de précision ?

Le cas des loyers. L'ancien ministre français Lionel Stoleru donne une autre illustration du phénomène de neutralité : « quand on donne une aide personnalisée au logement (APL) de 200 euros à un étudiant, le prix de sa chambre de bonne augmente d’autant ; le prêt à taux zéro a pour seule conséquence de faire augmenter le prix de l’immobilier. ». Il faut cependant relativiser cette affirmation : (i) les propriétaires de logement ne sont pas nécessairement au courant de l'existence de ces aides publiques, de sorte qu'ils ne vont pas tous les répercuter sur le loyer ; (ii) quant à ceux qui sont informés de l'existence de ces aides publiques, ils ignorent cependant si les candidats locataires en bénéficient effectivement, de sorte qu'ils risquent de diminuer la demande en augmentant le loyer.

Critique de l'énoncé libéral
Offre de
monnaie

L'hypothèse de base de la version libérale de la thèse de neutralité monétaire – selon laquelle, dès lors que la création monétaire est réalisée par le crédit bancaire, la monnaie serait nécessairement adaptée aux besoins de l'économie – n'est généralement pas vérifiée. Affirmer que l'offre de monnaie serait à tout moment effectivement adaptée aux besoins de l'économie, aussi bien en terme quantitatif ("combien ?") que qualitatif ("à qui ?"), revient à supposer que lorsque dans leur activité de création monétaire les banques sont amenées à choisir entre l'intérêt collectif et la maximisation de leur bénéfice (et ces situations se produisent régulièrement) les banques commerciales privilégieraient l'intérêt collectif (*) au détriment du leur ! Or les récurrentes crises financières causées par l'appât du gain des banques commerciales infirment cette croyance "bisounours".

(*) Par "intérêt collectifs" nous entendons notamment la protection de l'environnement, la réduction de la pauvreté et la limitation des écarts de richesse. NB : deux études du FMI et de l'OCDE ont montré que ces derniers sont nuisibles à la croissance [FMI-2015, OCDE-2014].

Demande de
monnaie

Supposons une hypothèse selon nous très réaliste, à savoir que ce système monétaire est tel que l'offre de monnaie n'est généralement pas adaptée à la demande de monnaie, c-à-d que la plupart du temps il subsiste des agents économiques (ou des régions) :

  • demandeurs de monnaie, aussi bien pour financer la consommation de biens/services que leur production (PS : c'est d'ailleurs généralement parce qu'il existe une demande solvable de biens & services qu'une offre y répond) ;

  • ayant reçu de la monnaie pour financer des dépenses pour lesquelles il n'existe pas de demande démocratiquement exprimée mais seulement une demande crée par la corruption de décideurs politiques/économiques et/ou le conditionnement publicitaire de consommateurs (médicaments bidons, armes bidons, sauvetage de banques pourries, ...).

Il y a donc inadéquation de l'offre de monnaie par rapport aux besoins de la majorité des agents économique. Cette inadéquation est telle que M * V - P * Q = JtJt – appelé "champs de valeur" à l'instant t – est généralement >0 ou <0 (cf. théorie relative de la monnaie). Il n'est pas évident de déterminer si l'effet de cette inadéquation portera plutôt sur les prix (inflation/déflation) ou plutôt sur la production (chômage, dégradation de l'environnement, ...). Selon leurs anticipations respectives les agents économiques peuvent utiliser la création monétaire pour la consommation, les investissements en capacités de production ou la spéculation, etc. Le potentiel inflationniste de la consommation est généralement plus élevé que celui des investissements en capacité de production. Etc ...

Nous verrons qu'en raison de la complexité du phénomène inflationniste aucune Banque centrale n'est en mesure (sauf par effet du hasard) de réaliser ses objectifs officiels, supposés servir l'intérêt collectif. Par contre, dans le système monétaire tel qu'il est aujourd'hui, une Banque centrale est certainement capable de réaliser des objectifs officieux, qui correspondent à sa véritable nature de ... lobby bancaire.

Notre approche

L'expression "neutralisation de la politique monétaire" étant peu explicite voire ambiguë nous lui préférons celle de "neutralisation de l'inflation d'origine monétaire".

Pour neutraliser efficacement le risque d'inflation monétaire il convient selon nous de coupler une politique monétaire symétrique (création monétaire à taux constant et allocation égalitaire & gratuite : cf. notre article sur la théorie relative de la monnaie) avec une politique budgétaire d'économie mixte (présence d'entreprises publiques en concurrence dans tous les secteurs stratégiques : cf. notre article sur les entreprises publiques), et cela dans le cadre d'un système politique de démocratie directe (cf. le statut, à créer, de coopératives publiques). Il s'agit notamment de reconnecter sphères financière et réelle.

Déconnexion des sphères financière et réelle

La comparaison des deux tableaux suivants (UE et USA) est hautement instructive (NB : l'échelle du premier est la moitié de celle du second). Elle livre deux informations majeures :

  • l'instauration de l'Union monétaire européenne au début des années 2000 a provoqué la déconnexion des sphères réelle (PIB en valeur) et financière (M2, qui comprend la base monétaire) ;

  • le "quantitative easing" (c-à-d l'augmentation de la base monétaire par les BC) suite à la crise des "subprimes" de 2008 (pour éviter une supposée cascade de faillites bancaires) a provoqué une déconnexion entre base monétaire et monnaie en circulation (surtout aux USA) : autrement dit les banques ont utilisé cette manne pour elles-mêmes (principalement pour spéculer) plutôt que pour activer le multiplicateur monétaire en développant les crédits aux autres agents économiques (ménages, entreprises et État).

Masse monétaire en USD[ sources : Feri, Xerfi ]

Assouplissement
quantitatif

Pour sauver les banques en difficulté suite à la crise des subprimes de 2008 (provoquée par ces mêmes banques ...) les Banques centrales ont massivement ouvert le robinet monétaire :

  • directement, en octroyant de nouveaux crédits aux banque commerciales, et en rachetant aux institutions financières non bancaires en difficulté leurs actifs financiers "pourris" ;

    Les institutions financières non bancaires (fonds de pensions, sociétés d"assurance, ...) bénéficiant de ces rachats, étant payées via leur compte bancaire, la Banque centrale augmente ainsi - et gratuitement - les réserves des banques gérant ces comptes [source, pages 21 et 24].

  • indirectement, en accordant aux banques des taux avantageux et en assouplissant leurs règles prudentielles afin, selon la BC, d'inciter le secteur bancaire à augmenter les crédits aux entreprises et ménages.

Or il se fait que les banques ont exploité les nouvelles conditions de création monétaire, non pas pour octroyer des crédits aux particuliers et aux entreprises (sphère réelle), mais plutôt – à l'instar des autres institutions financières – pour spéculer encore plus par l'achat d'actifs financiers aux sous-jacents divers (actions, obligations d'État, devises, matières premières, devises, immobilier) !

L'inflation d'origine monétaire reste donc limitée aux actifs de la sphère financière.

La raison avancée par le lobby bancaire (et les économistes qu'il finance) est que les ménages et entreprises ne seraient pas disposés à emprunter, en raison d'un surendettement et d'anticipations pessimistes quant à la croissance économique. Mais cette thèse est peu crédible vu le niveau extrêmement bas des taux d'intérêts. Une explication plus réaliste est que les rendements sont supérieurs dans la sphère financière en raison du chantage systémique qui permet aux banques de procéder à des investissements risqués (dont très rentables) : tant que la bulle n'éclate pas les actionnaires des banques engrangent les dividendes, et en cas d'éclatement de la bulle il leur suffit d'invoquer le risque de faillites bancaires en chaîne pour que les États (c-à-d in fine les contribuables) viennent à leur secours. On pourrait résumer ce système comme suit : "privatiser les bénéfices et socialiser les pertes" (voir aussi martingale et système de Ponzi).

Notons enfin que cette monnaie créée en excès par les banques centrales va nécessairement dans la poches de quelques privilégiés, dont les actionnaires des banques privées : la sur-croissance de la sphère financière au détriment de la sphère réelle est donc la contrepartie comptable de l'explosion des écarts de richesse. Cela au profit d'une infime minorité de la population : les actionnaires majoritaires des grandes institutions financières, et les membres de gouvernements corrompus. C'est exactement comme si ces individus s'étaient organisés pour fabriquer des faux billets à leur profit, sauf qu'ici ils le font par une appropriation de classe des institutions monétaires.

Corrélation prix/monnaie

Les données historiques du tableau ci-dessous montrent que le coefficient de corrélation entres le taux de croissance de M et de l'inflation est quasiment nul si l'on pose M = M1, mais élevé (et positif) si l'on pose M = M3.

femmes Mephisto femmes Bottine P5124668 P5124668 femmes femmes Bottine Mephisto Mephisto P5124668 P5124668 Bottine Mephisto
Coefficient de corrélation entre ΔM/M et inflation
81-95 96-10
M1 0,1 -0,1
M3 0,8 0,7

Corrélation n'est pas causalité. Rappelons que le coefficient de corrélation entre deux variables ne dit rien sur la causalité, qui peut provenir de chacune des deux variables ou/et d'autres variable non prises en compte parce que inconnues.

Inflation

Définition

Nous entendons par "inflation" une hausse ou une baisse (on parle alors de déflation) significative et durable des prix, relativement à une valeur considérée comme "acceptable". Cette valeur "normale", située entre 2% et 3%, est déterminée non pas théoriquement mais expérimentalement, par l'observation historique de l'inflation relativement aux autres indicateurs macroéconomiques (PIB, chômage, balance courante, taux de change et d'intérêt, ...).

Pourquoi le taux "normal" d'inflation n'est-il pas tout simplement de 0% ? Une réponse possible est que les taux d’intérêt nominaux pouvant difficilement être significativement négatifs, un minimum d’inflation permet d'abaisser suffisamment les taux d’intérêt réels et d'ainsi soutenir l’activité économique lorsque la conjoncture le requiert.

Causes

L'inflation est un phénomène multi-factoriel. Pour structurer l'identification des facteurs déterminants ont pourrait les regrouper en trois types : offre, demande et coûts :

  • la demande de biens/services qui augmente relativement à l'offre, par exemple suite à :

    • une hausse de la masse monétaire (ΔM ) ;
    • des anticipations de hausse future de prix (dans un but de spéculation ou de couverture) ;
    • ...
  • femmes Mephisto femmes femmes Bottine femmes Mephisto Bottine P5124668 P5124668 P5124668 Mephisto Bottine P5124668 Mephisto l'offre de biens/services qui baisse relativement à la demande, par exemple suite à :

    • une pénurie de matières premières ou de facteurs de production ;
    • ...
  • les coûts de production qui augmentent, par exemple suite à :

    • une hausse des salaires répercutée par les entreprises privées sur leurs prix de vente ;
    • ...
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  • Caprice Caprice 25526 Bottes Femme 25526 Bottes Femme twU5C5q

Cette classification est manifestement influencée par la théorie quantitative des monétaristes (entendez "libéraux") des années 1970, elle-même très influencée par l'hyperinflation allemande de 1922-23 et le choc pétrolier des années 1970. Elle correspond en outre, pour les deux premiers facteurs, aux notions de

  • production potentielle, dont le niveau est déterminé par la quantité disponible de facteurs de production (travail et capital) ainsi que par leur qualité (leur productivité globale) : si la demande tend à pousser l'offre au-delà de cette limite il y aura de l'inflation ;
  • NAIRU , taux de chômage d'équilibre vers lequel, selon la théorie libérale, le chômage convergerait en l'absence de chocs d'offre temporaires, une fois que le processus d'ajustement dynamique de l'inflation est achevé : si le taux de chômage y est inférieur, alors l'inflation devrait augmenter.

Il convient cependant d'étendre l'analyse en nous intéressant aux transformations récentes de l'environnement économique, qui expliquent plutôt l'absence de forte inflation :

  • le développement de la concurrence sur les marchés (i) du travail et (ii) des biens & services ;
  • le progrès technologique qui réduit les coûts de production ;
  • la part croissante (et probablement sous-estimée) du secteur des services dans le PIB ;
  • l'écrasement de la sphère réelle par la sphère financière ;
  • la moindre combativité des syndicats (par corruption des cadres ?) ;
  • la concentration des richesses aux mains d'une minorité de la population ; ... ;

Or l'ensemble de ces facteurs contribuent à une faible inflation ...

Inflation dans la zone euro (mai 2018)

L' Mephisto Mephisto femmes femmes femmes femmes Mephisto Bottine P5124668 P5124668 P5124668 Bottine P5124668 Bottine Mephisto inflation sous-jacente exclut les prix soumis à l'intervention de l'État (électricité, gaz, tabac...) et les produits à prix volatils (produits pétroliers, produits frais, produits laitiers, viandes, fleurs et plantes,...) qui subissent des mouvements très variables dus à des facteurs climatiques ou à des tensions sur les marchés mondiaux.

Comprendre l'inflation : une théorie qui ne marche plus

Effets

On peut identifier cinq effets majeurs (négatifs ou positifs) de l'inflation : sur la compétitivité, la redistribution, le pouvoir d'achat, les anticipations, l'affichage des prix :

  • Compétitivité. Si l'inflation est supérieur à celle du reste du monde, les entreprises nationales perdent en compétitivité prix (NB : mais c'est le rapport qualité/prix qui est déterminant) sur le marché domestique comme sur les marchés à l’exportation. L'effet est négatif sur le PIB et la balance courante.

  • Redistribution. Si les emprunts ne sont pas indexés, l'inflation induit une redistribution de richesse en faveur des débiteurs (généralement les plus pauvres de la population) au détriment des créditeurs (généralement les plus riches de la population). Ce raisonnement vaut aussi pour la dette publique. Mais il faut aussi prendre en compte que si l'inflation perdure elle se traduit par une augmentation des taux d'intérêts nominaux, ce qui alourdira le coûts des futurs emprunts (NB : mais c'est le taux d'intérêt réel qui déterminant).

  • Pouvoir d'achat. l'inflation réduit le pouvoir d'achat des ménages (mais l'indexation des salaires peut neutraliser cet effet pour autant que les employeurs ne répercutent pas la hausse des salaires en hausse des prix).

  • Anticipations. si les agents économiques anticipent une hausse (/ baisse) des prix ils vont avoir tendance à accélérer (/ retarder) leurs décisions d'achats (pour la consommation ou les investissements), ce qui peut entraîner une spirale inflationniste (/ déflationniste) encore appelée hyperinflation.

    Asymétrie inflation/déflation. On notera que le terme "hyperdéflation" n'existe pas, et que la déflation (inflation négative) est plutôt le symétrique de l'hyperinflation que de l'inflation.

  • Affichage des prix. la variation des prix implique des coûts liés au changement d'affichage des prix à l'étalage et dans les prospectus (mais l'affichage électronique tend à réduire ces coûts) ; ... ;

Buffalo de London Femme B Moto 2508 Bottes 7O7ZrT

Mesure des prix

Bottine femmes P5124668 Mephisto femmes femmes Mephisto P5124668 Bottine P5124668 femmes Mephisto P5124668 Mephisto Bottine Réel = Nominal / (1+i)

On peut mesurer le niveau des prix de diverses façons, les plus connues étant l'indice des prix à la consommation (IPC) et le déflateur du PIB. Aucun n'est parfait, tous ont leurs particularités (avantages) et limites (inconvénients).

IPC

La variation des prix (ΔP) est généralement mesurée par la variation de l'indice des prix à la consommation (IPC), lequel est calculé par rapport à un panier de biens de consommation supposé "représentatif" des habitudes de consommation de l'ensemble la population.

Composition du panier de consommation en Belgique

Particularité. L'IPC ne concerne donc pas les prix des biens intermédiaires (les moyens de production). Étant limité aux biens de consommation (encore appelés "bien finaux") on peut donc le voir comme le niveau des prix payés par les personnes physiques.

Limite. La composition du panier de l'IPC est une estimation moyenne des habitudes de consommation, or celles-ci varient (i) dans l'espace (entre pays ainsi qu'entre individus d'un même pays) et (ii) dans le temps (l'évolution technologique rend de plus en plus rapidement obsolète la composition du panier).

Déflateur
du PIB

Lorsque l'on mesure la croissance du PIB il importe d'expurger sa composante prix. Cela revient à distinguer :

  • PIB à prix courants, c-à-d exprimé aux prix de l'année en cours (t), donc en valeur --> PIB "nominal" ;
  • PIB à prix constants c-à-d exprimé aux prix d'une année de base (t0), donc en volume --> PIB "réel".

C'est le PIB réel (donc à prix constant) qui est considéré comme le meilleur des deux car il est expurgé de l'inflation. Cependant les données récoltées auprès des agents économiques (entreprises, particuliers et État) sont généralement exprimées à prix courants.

On peut obtenir une approximation du PIB réel en divisant le PIB nominal par 1+i où i est le taux d'inflation par rapport à une année de base t0 : PIBR = PIBN / (1+i).

On appelle le ratio PIBN / PIBP5124668 femmes Mephisto P5124668 Bottine Mephisto P5124668 Bottine P5124668 Mephisto Mephisto femmes Bottine femmes femmes R * 100 le "déflateur du PIB"

Les formules du PIB en valeur nominale et en valeur réelle sont :

  • PIBN t = ∑i =1 n Pt,i * Qt,i   où Pt,i  est le prix courant (année t, produit i)
  • PIBR t = ∑i =1 n Pt0,i * Qt,i   où Pt0,i  est le prix de base (année de base t0, produit i)

Taux de croissance du PIB en France[année de base : 2005 - source]

Pendant la période inflationniste des années 1970 et 1980, le différentiel entre taux de croissance du PIB à prix constants vs. courants était logiquement historiquement élevée.

Particularité. Le déflateur du PIB concerne l'ensemble des productions (biens intermédiaires et finaux) réalisées pendant la période de calcul du PIB.

Limite. Il ne prend pas en compte le prix des biens de consommation (biens finaux) importés.

Illusion
monétaire

On parle d'illusion monétaire lorsqu'un agent économique ne perçoit pas correctement la relation entre la variation du prix d'un bien et la variation du niveau général des prix, c-à-d la différence entre valeur nominale et valeur réelle de ce bien. Par exemple si en l'instant t je revend pour 102 un bien que j'avais acheté 100 en t0 (soit un gain nominal de 2%), mais que durant cette période les prix des tous les autres biens ont augmenté de 3%, alors le "gain" réalisé est négatif en valeur réelle (102/103 - 100)/100 = - 0,97%) bien que positif en valeur nominale.

Analyse spatio-temporelle de l'inflation

Typologie temporelle

En terme de temporalité on peut distinguer trois type de hausse des prix :

  1. temporaire : l'indice des prix augmente puis revient à son niveau initial après un certain temps ;
  2. permanente discrète : l'indice des prix augmente puis demeure à ce niveau supérieur ;
  3. permanente continue : l'indice des prix augmente sans cesse (à un taux généralement variable, appelé "taux d'inflation").

Dire que "l'inflation augmente" c'est donc dire que "le taux de croissance des prix augmente".

Le tableau suivant (USA) montre que l'inflation moyenne du siècle passé est d'environ 2,5% et que sa volatilité est dans une tendance baissière.

Local vs global

Commençons par préciser que les notions de localité/globalité ne doivent pas être interprétées qu'en terme géographique mais également en terme de groupes d'agents économiques, notamment selon le niveau de richesse.

Ainsi ce que l'on observe au niveau de l'ensemble d'une zone monétaire (analyse globale) ne produit pas nécessairement les mêmes effets selon que l'on observe des groupes particuliers d'agents économiques (analyse locale).

Pour le voir supposons une zone monétaire produisant uniquement deux biens (à productions constantes) :

  • Q1, acheté essentiellement par des individus au revenu inférieur au revenu médian ;
  • Q2, acheté essentiellement par des individus au revenu supérieur au revenu médian (biens de luxe).

Dans ces conditions, et en posant V=1, l'équation (1) peut s'écrire comme suit :

M = P1 * Q1 + PMephisto femmes femmes Bottine Mephisto P5124668 Bottine P5124668 femmes P5124668 femmes Bottine Mephisto P5124668 Mephisto 2 * Q2 ΔM = ΔP1 * Q1 + ΔP2 * Q2  ( 2 )

Soit P le prix moyen pondéré, tel que :

P = P1 * [Q1 / (Q1 + Q2)] + P2 * [Q2 / (Q1 + Q2)] = [ P1 * Q1 + P2 * Q2 ] / (Q1+Q2) = M / (Q1+Q2)
P5124668 P5124668 Mephisto Mephisto P5124668 Bottine femmes femmes Bottine femmes Bottine Mephisto femmes Mephisto P5124668
ΔP = ΔM / (Q1+Q2)

On retrouve bien que  ΔM = 0 ΔP = 0   : il ne peut y avoir inflation globalement si M ne varie pas.

Cependant l'équation (2) montre que même avec ΔM = 0 il peut néanmoins exister une inflation d'origine monétaire concernant l'un des deux biens, mais elle serait nécessairement compensée par une déflation d'origine monétaire pour l'autre bien, et telle que :
ΔP1 = - ΔP2 * (Q2 / Q1)

De même une inflation globale d'origine monétaire (ΔM > 0 --> ΔP > 0) peut-être compatible avec une déflation pour un bien (par exemple Q1), mais nécessairement plus que compensée par une inflation pour l'autre bien (Q2) telle que :
ΔP1 = - ΔP2 * (Q2 / Q1) + ΔM / Q1

Démonstration :
Si ΔP1   <   0
- ΔP2 * (Q2 / Q1) + ΔM / Q1   <  0
ΔP2  >  ΔM / Q2  >  0    
CQFD

Application. Ce dernier cas de figure est illustré par l'effet du "Quantitative easing" évoqué plus haut (Déconnexion des économies financière et réelle) : suite à la crise des subprimes de 2008 la forte création monétaire décidée par les Banques centrales, non seulement n'a pas provoqué de pression inflationniste dans la sphère réelle (Q1), mais au contraire l'inflation y a baissé car les banques - qui contrôlent la création monétaire - préfèrent utiliser celle-ci pour spéculer dans la sphère financière (Q2), car les rendements y sont supérieurs à ceux des investissements dans la sphère réelle. Il en a résulté une inflation dans la sphère financière.

Prix fixes. L'on pourrait faire les même exercices en posant cette fois que ce sont les prix qui sont constants (fixés par l'État, plutôt que fluctuant au gré des marchés). Dans ce cas les ajustements se font - de la même manière - entre M , Q1 et Q2 : ΔM = P1 * ΔQ1 + P2 * ΔQ2  ( 2 ' )

Court vs long terme

L'inflation ne se propage pas instantanément. Il en résulte que les premiers à recevoir la création monétaire sont avantagés puisque son pouvoir d'achat diminuera au fur et à mesure que l'inflation se réalisera.

L'on pourrait donc reproduire l'analyse précédente mais en distinguant cette fois la consommation du bien Q selon deux groupes de consommateurs distincts temporellement :

  • ceux ayant reçu ΔM directement, dont la consommation du bien Q a lieu en t1 : Qt1 ;
  • ceux ayant reçu ΔM indirectement (donc plus tard), dont la consommation du bien Q a lieu en t1 : Qt2

de sorte que ΔPt1 < ΔPt2 pour Qt1 + Qt2 = Q.

Or le même ΔM étant utilisé en t1 et t2 :

ΔM = ΔPfemmes Mephisto femmes P5124668 Mephisto femmes Mephisto Mephisto Bottine femmes P5124668 P5124668 Bottine Bottine P5124668 t1 * Qt1 = ΔPt2 * Qt2    ⇔
Q t2 / Q t1 = ΔP t1 / ΔP t2 > 1    ⇔
Qt1 > Qt2

Référentiel de la mesure

Les prix sont une mesure de la valeur des biens. Il y a dans cette affirmation deux notions importantes qu'il nous faut analyser : valeur et mesure.

Valeur

En économie, et plus précisément dans le cadre d'une transaction commerciale, il importe de distinguer :

  • la valeur d'échange d'un bien/service, qui est le prix effectif auquel le bien ou service est échangé (on parle indifféremment d'échange ou de transaction;

  • la valeur d'usage d'un bien/service, qui est l'estimation de son utilité par chacune des parties prenantes d'une éventuelle transaction (c'est donc une notion subjective, c-à-d qui peut varier selon les parties).

Le prix est par définition la valeur d'échange d'un bien, mais celle-ci (et donc le prix) n'est qu'une évaluation très grossière, voire non pertinente de la valeur d'usage. Ainsi une transaction est un rapport de forces entre parties de forces généralement inégales (asymétrie d'information sur le marché des biens & services, chômage sur le marché du travail, ...).

Référentiel

Si la physique est dite science exacte, l'économie relève quant à elle des sciences humaines. Les sciences exactes ne mesurent que des grandeurs objectives tandis que les sciences humaines mesurent également des grandeurs subjectives.

Mais qu'il s'agisse de grandeurs objectives ou subjectives, dans tous les cas il importe que l'Femme Bottes Classiques Guess Bottes Guess Violla2 Femme Violla2 Violla2 Guess Classiques FnqfXTxA – c-à-d le référentiel par rapport auquel est réalisée la mesure – soit constant. Est-ce le cas de la monnaie ?

La monnaie permet certes de ne pas limiter les échanges au seul troc. En outre les monnaies modernes présentent l'avantage que leur valeur intrinsèque est quasiment nulle (de simples écritures comptables) de sorte que l'on peut en créer autant qu'on veut.

Mais il demeure qu'une monnaie est un bien (ou un service) comme un autre. De même qu'il existe un marché de l'or où l'on échange de l'or contre de la monnaie, il existe également un marché des devises où l'on échange des monnaies. Les monnaies ont donc elles aussi une valeur d'échange ...

Or on peut constater que la valeur des monnaies change tout le temps. Par conséquent la nécessaire condition d'invariance de l'unité monétaire pour être un fiable instrument de mesure du prix des biens & services n'est pas vérifiée ...

Étalon de mesure et son référentiel

Idéalement les objets utilisés comme étalon (référentiel) pour une même unité de mesure (par exemple le mètre ou le kilo) devraient être inaltérables dans le temps (entre deux mesures avec le même objet) et dans l'espace (entre deux mesures avec deux objets distincts). Dans la pratique ce n'est jamais le cas (rien n'est inaltérable), mais l'important c'est que l'altération des étalons dans le temps et l'espace soit non-significative relativement à la précision requise des mesures.

En outre le référentiel devrait être facilement accessible à tous les scientifiques.

L'idéal est de définir une unité non plus par un objet, mais par une formule exprimant l'unité comme un multiple d’une constante de la Nature (exemple : la vitesse de la lumière) et pour laquelle une valeur numérique est fixée. Mais il faut pour cela pouvoir mesurer la constante avec suffisamment de précision.

C'est pourquoi on a plusieurs fois changé de référentiel pour le mètre, car le progrès scientifique et technologique a pour effet que les scientifiques ont besoin de mesures de plus en plus précises. Ainsi le mètre fut d'abord défini comme la 10.000.000e partie d'un quart de méridien terrestre, puis comme la distance entre deux points sur une barre d'un alliage de platine et d'iridium (une copie étant distribuée à chaque pays). Enfin depuis 1983 le mètre est défini comme étant la longueur du trajet parcouru par la lumière dans le vide pendant 1/299.792.458 de seconde [BalaMasa Sandales Abl10537 Compens Compens BalaMasa Compens BalaMasa Abl10537 Sandales BalaMasa Sandales Abl10537 Abl10537 Sandales SqwHY]. La vitesse de la lumière dans le vide une constante physique universelle et un invariant relativiste.

Selon le principe de relativité « les lois physiques s'expriment de manière identique dans tous les référentiels inertiels. » : si je laisse tomber une balle, je constate la même trajectoire, que je réalise l'expérience sur le quai d'une gare ou dans un train en mouvement rectiligne uniforme. Un corollaire est que les mesures réalisées au cours d'une expérience peuvent varier selon le référentiel inertiel relativement auquel les mesures sont réalisées : si du quai d'une gare j'observe tomber une balle lâchée dans un train en mouvement, je n'observe certes pas la même trajectoire (une parabole) que celle observée par l'expérimentateur situé dans le train (une droite), mais ces deux trajectoires sont décrites par la même équation [Boots Rangers EU Warm Bianco 33 49031 Polido 33 Femme PwCpqzZ].

À la fin du 19° siècle les pays les plus avancés (l'Angleterre en tête) on tenté d'appliquer à l'économie la rigueur de la physique, en instaurant l'étalon or, système monétaire dans lequel (i) l’unité monétaire est définie en référence à un poids fixe d’or et (ii) chaque monnaie nationale est librement convertible en or. Pour garantir cette convertibilité, la quantité de monnaie émise par la banque centrale est strictement limitée par ses réserves d’or. Les règlements entre pays sont effectués en or. Comme chaque monnaie nationale est fixée en poids d’or, le taux de change entre deux monnaies est fixe, et égal au rapport entre les poids d’or respectifs. Ce système fut abandonné dans les années 1930 parce qu'on estimait que son principal avantage (rigueur monétaire et budgétaire) ne l'emportait pas sur ses inconvénients (requiert une grande flexibilité des prix et donc des salaires, empêche les dépréciations compétitives) [source].

En outre l'or n'a pas les propriétés d'invariance de la vitesse de la lumière : son cours varie, notamment suite à la découverte de nouveaux gisements (--> baisse du cours) ou de surestimation des stocks existants (--> hausse du cours).

Pourrait-on imaginer un meilleur étalon, qui serait un véritable invariant relativiste ? La théorie relative de la monnaie, que nous étudierons plus loin, ouvre à cet égard une voie de réflexion particulièrement enrichissante ...

Prix, valeur et monnaie

Marchand vs non marchand

Selon l'association "Les économistes atterrés" les activités non marchandes peuvent être évaluées monétairement (et de nombreuses le sont effectivement) mais « ne sont pas vendues sur un marché, elles ne rapportent pas de profit et leur coût est mutualisé, socialisé. Ainsi en est-il de l'école publique "gratuite", des soins "gratuits" qui sont des services non marchands, dont le "paiement" n'est pas individuel mais est assuré par l'impôt ou la cotisation sociale, et dont la mise à disposition ne procure aucun gain financier à personne. » [source p. 38].

Selon nous la distinction entre entreprises "marchandes" et "non marchandes" – c-à-d dont l'activité productive se situe en dehors des marchés (et est par conséquent généralement non imposable) – ne fait pas vraiment sens. D'une part les entreprises dites "marchandes" bénéficient de ressources directes ou indirectes produites en dehors des marchés (aides publiques, enseignement, justice, etc). D'autre part de nombreuses entreprises dites "non marchandes" (souvent appelées "associations") génèrent une partie de leurs revenus par la vente de biens ou services sur les marchés.

À cette distinction peu pertinente il convient de substituer une évaluation des entreprises sur base d'un ratio d'externalité nette : externalités positives / externalités négatives. C'est notamment au regard de ce ratio que se justifie un traitement fiscal différencié entre entreprises et associations.

  • Entreprise/association. Notons que toute activité est productive. Et que sa valorisation est subjective et variable dans l'espace et le temps.

  • Privé/public. Théoriquement les entreprises publiques ont pour mission d'internaliser le coût de leurs externalités négatives, contrairement aux entreprises privées.

Valeur d'usage vs valeur d'échange

Nous avons vu que dans le cadre d'une transaction commerciale, il convient de distinguer :

  • la valeur d'usage d'un bien/service, qui est l'estimation de son utilité par chacune des parties prenantes d'une éventuelle transaction (c'est donc une notion subjective, c-à-d qui peut varier selon les parties) ;

  • la valeur d'échange d'un bien/service, qui est le prix effectif auquel le bien ou service est échangé (on parle indifféremment d'échange ou de transaction;

Le prix est par définition la valeur d'échange d'un bien, mais celle-ci (et donc le prix) n'est qu'une évaluation très grossière, voire non pertinente de la valeur d'usage. Ainsi une transaction est un rapport de forces entre parties de forces généralement inégales (asymétrie d'information sur le marché des biens & services, chômage sur le marché du travail, ...).

Ces rapports de force déterminant la fixation du prix d'un bien ou service opèrent au travers du système de prix, dont on peut distinguer trois types :

Prix de marché

Le prix de marché d'un bien est déterminé par le croisement entre l'offre et la demande pour ce bien.

Les courbes d'offre et de demande pour un bien représentent l'agrégation, à un instant déterminé, des quantités (de bien et de monnaie) que les acheteurs et vendeurs sont disposés à s'échanger. L'intersection entre les deux courbes détermine "l'équilibre du marché" c-à-d les termes de l'échange (pe,qe) tel que l'offre (pO,qO) correspond à la demande (pD,qD) : (pe,qe) = (pO,qO) = (pD,qD).

Une "hausse de l'offre" ou de la demande signifie un déplacement de la courbe vers la droite : pour un même prix la quantité demande ou offerte augmente.

Le graphique suivant montre l'effet d'une hausse de la demande (D --> D') selon que l'offre est peu (Oa) ou fortement (Ob) sensible aux variations de prix. Dans le premier cas l'augmentation de la demande (par exemple suite à une création monétaire additionnelle) se traduira par une plus forte augmentation des prix et une plus faible augmentation des quantités, relativement à la situation où l'offre serait de type Ob.

Sphère réelle : effet d'une hausse de la demande

Selon la théorie économique classique l'intérêt du système des prix de marché est qu'il permettrait d'allouer les biens entre agents économiques ("qui consomme quoi") plus efficacement (c-à-d à moindre coût, pour un résultat équivalent) que par planification (*), du moins si le marché est concurrentiel et si l'on fait abstraction des externalités telles que la pollution (**).

  • (*) La raison en serait une asymétrie d'information entre entreprises privées et régulateur public concernant les coûts, les choix technologiques et la demande (mais en quoi cette asymétrie subsiste-t-elle si ces entreprises étaient 100% publiques plutôt que privées ... ?).
  • (**) Ces deux hypothèses ne sont pas toujours vérifiées, ce qui justifie l'intervention de l'État, notamment pour lutter contre les monopoles et responsabiliser les entreprises.

L'idéologie "libérale" postule que le prix du marché résultant de l'ajustement entre offre et demande, non seulement reflète fidèlement le niveau d'utilité des biens/services (c-à-d le niveau de bien-être qu'ils procurent), mais en outre correspond à un optimum de Pareto (situation dans laquelle on ne peut plus améliorer le bien-être d'un individu sans détériorer celui d'un autre) ... pour autant que la concurrence soit "une de Bottes satin et Yalanshop courtes premiers Rugueuses dxAXKq1T". Or cette hypothèse n'est jamais vérifiée dans la réalité, mais seulement parfois approchée.

Cette théorie stipule donc que les individus, en poursuivant uniquement leur intérêt particulier, maximiseraient également l'intérêt de la collectivité (au sens de Pareto), grâce à l'efficience des marchés ! On est ici clairement dans le domaine de l'idéologie. Celle-ci est d'ailleurs en contradiction avec un principe bien connu des mathématiciens : il n'est pas possible d'optimiser un système en optimisant chacun de ses sous-systèmes, on ne peut optimiser plus d’une variable à la fois [source, BalaMasa Sandales Abl10537 Compens Compens BalaMasa Compens BalaMasa Abl10537 Sandales BalaMasa Sandales Abl10537 Abl10537 Sandales SqwHY].

Valorisation
monétaire

Pour la comptabilité nationale ne sont considérés comme "valeurs" que les produits ou services qui ont été déclarés et échangés contre rémunération sous forme de monnaie. Ainsi pour reprendre l'exemple cité par Bernard Friot, le travail (déclaré) d'une femme de ménage est repris dans la comptabilité nationale, mais pas celui d'une femme au foyer. De même si une entreprise (ou tout un secteur économique représenté par son lobby) fabrique un type de produit inutile ou inefficace mais arrive à "convaincre" les décideurs politiques de l'acheter avec l'argent public, et bien ce type de "produit" sera dès lors considéré comme de la valeur.

On constate donc que la valorisation d'un bien ou service est opérée par son échange contre monnaie.

Conceptions hétérodoxes de la monnaie

Les approches alternatives que nous présentons ici sont proposées par l'ingénieur Stéphane Laborde (approche relativiste) et le physicien François Roddier (approche thermodynamique). Nous tentons ici de les lier, afin de mieux les intégrer dans noter théorie de l'allocation universelle.

Approche relativiste

La toute récente théorie relative de la monnaie (TRM) - à laquelle nous avons consacré un long article - constitue un changement de paradigme par rapport au système monétaire oligarchique. L'approche relativiste propose en effet un critère objectif et normatif en matière de politique économique, ne laissant pas de place à l'arbitraire. Partant de la constatation que la notion de valeur est subjective (ou plus exactement, relative à chaque individu), la TRM en déduit que, pour être efficace, le système monétaire ne peut préjuger à priori de la valeur de ce pourquoi il créé de la monnaie.

Cette règle est fondée sur un double principe de symétrie :

  • symétrie temporelle : ΔM devrait être créé à un rythme relativement constant (c), seulement fonction de l'espérance de vie de la zone monétaire (notée v) :

    ΔM = c * M   où c = ln(v/2) / (v/2) = 9,2 % par an dans un zone monétaire où v = 80

  • symétrie spatiale : ΔM devrait être réparti également entre tous les citoyens, gratuitement et sans obligation de remboursement :

    DU = ΔM / N   où DU est le dividende universel et N la population de la zone monétaire

Selon l'auteur de la TRM, l'ingénieur Stéphane Laborde, l'égalité M * V = P * Q (cf. supra) ne concerne que des quantités "intégrales globales" et n'est valable que « pour un temps court où les changements productifs, monétaires et individuels sont négligeables » . Dans la réalité cette situation où la monnaie en circulation représente exactement la valeur produite et échangée se produit rarement, de sorte que l'on a plutôt M * V - P * Q = Jt où Jt ‐ différentiel "monnaie-valeur" ‐ est appelé "Mephisto P5124668 femmes Bottine Bottine P5124668 Mephisto femmes Mephisto Bottine P5124668 Mephisto femmes femmes P5124668 champs de valeur J à l'instant t". Sa valeur pouvant être positive, négative ou nulle, l'égalité de la théorie classique M * V = P * Q n'est donc, dans la théorie relativiste, que le cas particulier (et rare) où Jt = 0.

La TRM procède par l'intégration des champs de valeurs locaux associés à chaque individu x (notés dJx) :

Jt = ∫ t0tx=1ndJx

Approche thermodynamique

Demande ≡ pression
Offre ≡ température

L'approche thermodynamique de la théorie économique telle que développée par le physicien François Roddier repose sur le fait que toutes les structures dissipatives - du cyclone à la société humaine - produisent du travail mécanique en décrivant des cycles semblables aux cycles de Carnot : « Les structures dissipatives s’auto-organisent en décrivant des cycles de Carnot autour d’un point critique, point d’équilibre dynamique entre des forces opposées. Dans le cas de l’économie, il s’agit d’un point d’équilibre entre l’offre et la demande. Tandis que l’offre incite à la compétition, la demande incite à la coopération. Il s’en suit que, comme un moteur à quatre temps, l’économie passe par quatre phases successives appelées: dépression, expansion, stagflation et crises » [source].

La notion d'énergie est donc centrale, et le différentiel de potentiel énergétique – qui détermine le sens et l'amplitude de propagation de l'énergie – constitue le fondement de la dynamique entre offre et demande :

  • le potentiel de demande (que Roddier note P par analogie avec la pression physique de Boltzmann ainsi que la pression sociale de Durkheim, mais nous le notons D) est défini comme la variation du flux d'énergie par unite de variation du flux de production (noté V par Roddier par analogie avec le volume, mais nous le notons Q) : D = δU / δQpouvoir de venteutilité de la production ≡ valeur d'usage ;

  • le potentiel d'offre (que Roddier note T par analogie avec la température, mais nous le notons S pour "supply") est défini comme la variation du flux d'énergie par unité de variation du flux monétaire (δM) : S = δU / δMpouvoir d'achatrichesse ≡ valeur d'échange.

Sur base de ces analogies Roddier étend alors à l'économie la relation de Gibbs-Duhem : à l'équilibre (état stationnaire) on a l'égalité entre la demande D * dQ et l'offre S * dM :

D * dQ = S * dM 

  • Publicité. Roddier explique comme suit le rôle de la publicité pour maintenir la demande à un niveau élevé : « l’offre maintient la demande comme la température maintient la pression dans une chaudière ».
  • Bottine femmes P5124668 Mephisto P5124668 Bottine P5124668 femmes femmes Mephisto Bottine femmes Mephisto Mephisto P5124668 Énergie et matière. Le physicien prévient : « Un économiste sera surpris de voir que ce schéma ne comporte pas de flux de matière. La raison en est qu'une structure dissipative est, par définition, dans un état stationnaire de déséquilibre thermodynamique. Toute matière y est recyclée. L'énergie nécessaire au recyclage est comptée dans l'énergie dissipée. Ce modèle s'applique donc à une économie dite "durable". Si le recyclage n'est que partiel, alors la partie non recyclée est considérée comme une modification de l'environnement » [source].
  • Équilibre. En physique un corps est dit « à l'équilibre » si son accélération est nulle, c-à-d lorsqu'il est soit au repos, soit en mouvement à vitesse constante. Un système est dit "à l'équilibre thermodynamique" lorsque l'énergie qu'il contient y est uniformément répartie. Les systèmes fermés tendent vers l'équilibre thermodynamique c-à-d le repos, et cela en se déstructurant (augmentation de l'entropie). L'équilibre thermodynamique correspond au maximum d'entropie du système et à une distribution uniforme de l'énergie qu'il contient. En économie classique l'équilibre est caractérisé par l'égalité entre offre et demande, et le niveau de prix correspondant.

Développons maintenant la notions de valeur d'échange, au sujet de laquelle Roddier note que « lorsque la température d’une économie est suffisamment élevée (énergie bon marché), la valeur d’usage devient négligeable devant la valeur d’échange (exemple: placements immobiliers, métaux précieux, objets de luxe) » [source p.47].

Entropie ≡ Monnaie
Température ≡ Inflation

Les économistes parlent intuitivement de température de l'économie. Le physicien François Roddier en propose une définition fondée sur la thermodynamique. « En thermodynamique l'inverse de la température est l'entropie produite par unité d'énergie (N.d.A. : δ entropie = δ énergie / température). En économie l'entropie produite se mesure en dollars et l'énergie consommée en barils de pétrole. On peut donc parler de température de l'économie comme étant l'inverse du prix du pétrole. Plus le prix du pétrole baisse, plus l'économie s'échauffe. Il peut arriver que la production excède la demande. Les économistes parlent alors de surchauffe de l'économie ». La monnaie suit donc le circuit inverse de l'énergie : autrement dit, la température d’une économie est l’énergie dissipée par unité monétaire ou encore par bit d'information. [source].

Roddier associe monnaie et entropie (au signe près). Toute production d'entropie se traduit par une perte de valeur monétaire et inversement. Ce que les physiciens appellent une probabilité de transition devient en économie une probabilité de transaction. On peut montrer que dans une suite de transactions de probabilité pi l'espérance de gain ΔM est donnée par :

ΔM = Σpi * log pi soit l'expression donnée par Gibbs pour l'entropie, et par Shannon pour lʼinformation.

Nous en déduisons donc que Roddier définit la création monétaire ΔM comme "l'espérance de gain associée à la production de biens et services (PIB)" [source].

Régulation

Continuant son approche analogique avec le cycle de Carnot et la nécessité d'un régulateur pour toute machine thermique (dont tout système économique) Roddier recommande un système bi-monétaire composé :

La monnaie "yin" « est nécessaire pour refermer le cycle économique, comme une source froide est nécessaire pour refermer le cycle de Carnot » [source]. « L’usage de deux monnaies différentes dont on peut faire varier le taux de change, permet d’ajuster la barrière de potentiel économique qui sépare deux économies, comme un régulateur ». Selon Roddier on pourrait procéder « en conservant la monnaie en euros (yang) pour l’achat de biens matériels, et en utilisant une nouvelle monnaie (yin) pour la nourriture, les salaires et les services » [source].

Imprévisibilité

Notons enfin que la théorie du chaos infirme la thèse selon laquelle "l'autorité monétaire" (la Banque centrale) serait en mesure d'adapter rationnellement la masse monétaire aux besoins de l'économie, que ce soit pour seulement contrôler l'inflation ou en outre stimuler la croissance (politique monétaire dite "adaptative", par assouplissement ou restriction monétaire). Ainsi l'approche thermodynamique de l'économie confirme la thèse de la théorie relative de la monnaie selon laquelle le taux de création monétaire devrait être constant. La fonction d'un système bimonétaire "yin/yang vise à minimiser l'amplitude de cycles imprévisibles.

Vous n'y comprenez rien ? Rien d'anormal à cela si vous n'avez pas de bonnes notions de physique. Pour (re)constituer ces notions de base lire notre article "Travail, valeur et éthique". Vous serez alors en mesure d'apprécier toute la puissance explicative de la théorie thermodynamique de l'économie dans notre article consacré au développement durable, et en particulier sa section consacrée aux cycles économiques.

Synthèse des approches hétérodoxes

Équilibre
instable

Le lien entre modèles relativiste et thermodynamique, par la proximité entre l'équation M * V - P * Q = Jt et la relation de Gibbs-Duhem, le cas particulier où Jt = 0 correspondant à une situation dite "d'état stationnaire" caractérisée par une pression et température constantes. Mais le phénomène économique est plutôt caractérisé par un état d'équilibre instable où la valeur de Jt oscille autour de zéro.

Invariant

Le taux de croissance constant de U = M/N joue dans la TRM le rôle d'invariant que joue la vitesse de la lumière dans la théorie de la relativité d'Einstein. À noter que c'est son absence de masse qui confère à la lumière sa propriété d'invarience. De même la monnaie dématérialisée d'aujourd'hui – bien qu'on la mesure par sa "masse" – est pratiquement sans masse physique, et son coût de production très faible voire nul à la limite, en raison de sa nature "électronique". En outre la circulation de la monnaie, et plus particulièrement de l'information boursière se fait à des vitesses de plus en plus élevées (Aldo Bottes Solata Solata Aldo Femme Bottes cvPUcF). Bien sûr ce ne sont là "que" des analogies, mais les analogies peuvent nourrir la réflexion prospective (pour autant qu'elles ne soient pas exclusives), et parfois même s'avérer plus que des analogies ...

Macro
micro

L'approche thermodynamique concernerait-elle le niveau macroéconomique, et l'approche relativiste le niveau microéconomique ?

ANNEXE

Taux de change

Lorsque nous nous rendons dans un pays étranger nous en achetons généralement un certaine quantité de la devise sous forme de billets auprès de notre banque. Ainsi donc une monnaie est un bien comme un autre, qui s'achète (pour consommer ou spéculer) et se vend.

Monnaie vs devise. On parle de devise dans le cadre de transactions internationales, et de monnaie dans le cadre de transactions domestiques.

Nous allons aborder ici le rapport entre valeur de marché et valeur théorique d'une devise. Ensuite nous décrirons la problématique des politiques de change, et enfin seront présentés des arguments en faveur d'une politique de changes variables.

Valeur de marché

Le prix d'une devise, c-à-d sa valeur de marché, s'exprime relativement à une autre devise. C'est le taux de change.

Si deux vaches valent trois moutons (2 * V = 3 * M) alors le cours de la vache en mouton est de 3/2 moutons (V = 3/2 * M), et le taux de change de la vache en moutons (3/2) est le nombre de moutons échangés divisé par le nombre de vaches échangées, c-à-d le nombre de moutons échangés contre une vache.

Généralisation. Soit eA/B le taux de change de A en B alors :

eA/B = #B / #A      

Ainsi un cours de 1 EUR = 1,252 USD signifie que le taux de change de l'euro en dollars (eEUR/USD) est de 1,252 dollars par euro.

Du troc à la monnaie. Nous avons vu plus haut que lorsqu'un bien est utilisé pour être échangé contre n'importe quel autre, il acquiert le statut de monnaie d'échange . Ce fut le cas des pièces d'or et d'argent. Mais la technique monétaire s'est depuis améliorée : une monnaie ne doit plus nécessairement avoir une valeur intrinsèque pour être acceptée par tous. C'est notamment le cas si un État lui assure une certaine crédibilité.

On retrouve ici le fait que la monnaie n'est donc pas un bien/service comme les autres car elle sert justement d'étalon de mesure pour exprimer, en terme de prix, la valeur de tous les autres biens & services ... y compris les autres monnaies. Cela nous ramène à la question du référentiel évoquée plus haut ...

Valeur théorique

Afin de tenter de prédire l'évolution future du cours d'une devise (à supposer que cela soit possible ...) les spéculateurs calculent des valeurs théoriques des devises, pour estimer si leur valeur de marché est surévaluée ou sous-évaluée. La plus utilisée est probablement la parité de pouvoir d'achat (PPA), qui mesure la quantité de devise A nécessaire pour acheter dans un pays B un panier de biens/services de référence. Un problème est que la composition du panier de référence influence considérablement la valeur théorique, or il n'existe pas de critères objectifs pour déterminer quels biens & services inclure dans le panier ... [BalaMasa Sandales Abl10537 Compens Compens BalaMasa Compens BalaMasa Abl10537 Sandales BalaMasa Sandales Abl10537 Abl10537 Sandales SqwHY].

La théorie relative de la monnaie propose quant à elle une valeur théorique non ambiguë, égale au rapport entre les ratios de masse monétaire moyenne par individu [approfondir]. Le principe de champs de valeur de la TRM suggère que plus augmentera le nombre d'économies dont le système monétaire est symétrique, plus stable sera le marché des devises.

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Politique de change

Étant donné qu'il existe des agents économiques (ménages, entreprises et États) souhaitant acheter/vendre des devises il existe naturellement un marché des changes. Selon l'évolution relative de l'offre et de la demande pour une devise, le cours de celle-ci évolue au cours du temps.

Pour influencer le cours de sa devise l'autorité monétaire d'un État – sa Banque centrale – peut intervenir sur le marché des changes de trois façons :

  • acheter/vendre sa monnaie contre des devises étrangères ;
  • relever/abaisser ses taux d'intérêts pour rendre plus/moins attractifs les placements dans sa monnaie ;
  • contrôler les achats et ventes de devises.

Mais pourquoi une autorité monétaire voudrait-elle influencer le cours de sa monnaie ?

Une première raison est que l'incertitude induite par l'instabilité des cours de change (et des prix en général), non seulement nourrit la spéculation, mais aussi peut inciter les agents économiques à reporter des décisions de consommation ou d'investissement. Ainsi des projets d'investissements peuvent être abandonnés parce que les hypothèses de prix sur lesquels ils ont été calculés ne sont plus réalistes.

À un niveau plus macroéconomique, plus un pays est exportateur net (solde positif de la balance commerciale) plus sa monnaie tends à s'apprécier. Mais plus la monnaie nationale s'apprécie, plus il est difficile d'exporter (perte de "compétitivité prix"). La BC peut alors être tentée d'intervenir sur le marché des changes afin de stabiliser le cours de sa devise.

Mais que se passe-t-il dans les pays contreparties ? Plus un pays est importateur net (solde négatif de la balance commerciale) plus sa monnaie tend à se déprécier (--> gain de compétitivité prix). Cependant le mécanisme est ici vertueux : cela favorise le secteur exportateur, tandis que les entreprises importatrices peuvent être incitées à se tourner vers la production nationale. Mais attention : ce mécanisme vertueux n'opère de façon durable que dans la mesure où des produits nationaux peuvent être effectivement substitués aux produits qui étaient importés, sans quoi la dépréciation de la monnaie nationale induit une "inflation importée" qui annule les effets positifs de la dévaluation ! Or il n'existe pas de pays qui puisse vivre totalement en autarcie. Par conséquent plus un pays dépend des importations, moins la dépréciation de la monnaie nationale est à même de relancer l'économie, sauf à compléter la dévaluation externe par une "dévaluation interne" (réduction des salaires de l’administration publique, du salaire minimum légal, de l'indexation salariale, de la fiscalité sur le travail avec hausse de la TVA, ... ).

  • La dévaluation interne ne doit pas porter que sur le coût du travail (salaires) mais également sur celui du capital (dividendes) : ceux-ci devraient être réduits voire supprimés pour accroître d'autant les investissements.
  • Les "programmes d'austérité" imposés aux pays du sud de l'Europe suite à la crise de 2008 sont des dévaluations internes, d'autant plus fortes que l'union monétaire rend impossible toute dévaluation externe.

Il semble donc que – abstraction faite de la problématique de l'inflation – une politique de change fixe, en empêchant ces ajustements automatiques de compétitivité prix, favorise les pays en excédant commercial, tandis qu'elle défavorise les pays en déficit commercial, pour qui un change flexible paraît préférable.

Neutralisation d'attaques spéculatives [source]

La neutralisation de la spéculation internationale contre la monnaie nationale requiert par l'achat de monnaie nationale contre des devises étrangères requiert de disposer de suffisamment de réserves de devises étrangères ...

Lorsque les devises disponibles en réserve sont épuisée, reste à la BC la possibilité de relever les taux d'intérêts. Mais au delà d'un certain niveau l'effet sur la croissance économique est délétère. Éventuellement la BC de la devise étrangère de référence peut aider la BC de la devise attaquée en tentant de déprécier sa propre devise, mais ce n'est pas nécessairement dans son intérêt ...

Dans le Blanc Dku01836 Femme Montants Blanc An pz8tt auquel a succédé l'union monétaire la BC centrale allemand aidait souvent les BC d'autres pays du système à défendre leur devise. L'Allemagne était donc déjà en position de force lorsqu'elle a négocié l'abandon de sa souveraineté monétaire en faveur de l'euro ...

Enfin le contrôle du marché des change requiert un système de contrôle des changes capable de distinguer les opérations de couverture contre le risque de change, qui relèvent de la bonne gestion, et des opérations spéculatives. D'autre part le développement de la monnaie électronique ne rend-il pas de plus en plus difficile le contrôle du marché des changes ?

La dépendance de la Banque de France vis à vis de la Bundesbank est devenue quasiment totale lorsque les BC du système monétaire européens abandonnèrent le contrôle des changes au milieu des années 1980.

On peut en fait distinguer trois type de régime de change :

  • flexible : la BC s'interdit d'intervenir sur le marché des changes, laissant ainsi varier la valeur de sa devise ;
  • fixe : la BC intervient sur le marché des changes, afin de maintenir le cours de sa devise dans des limites inférieure et supérieure autour d'une valeur de référence (cours pivot), qui peut être une devise internationale (par exemple le dollar) ou encore la valeur moyenne d'un panier de devises ;

    Plus la marge autour du cours pivot est étroite, plus fréquentes et moins volumineuses sont les interventions de la BC.

  • discrétionnaire : la BC n'intervient pas sur le marché des changes selon une règle systématique, mais seulement de façon discrétionnaire (et donc difficilement prévisible).

    Lorsqu'une BC modifie de temps en temps la marge autour du cours pivot, ou change le référentiel du cours pivot, on peut considérer sa politique de change comme fixe à moyen terme, mais discrétionnaire à long terme.

La préférence pour l'une ou l'autre de ces politiques de change est fonction d'un arbitrage entre deux souhaits antagonistes :
  1. Cours fixe : limiter les incertitudes liées au risque de change.

    • À noter que l'instabilité du marché des devises est source de revenus considérables pour les banques commerciales, notamment par la spéculation et les produits de couverture de risque de change. Les banques peuvent donc avoir intérêt à stimuler l'instabilité, et cela au détriment de tous les autres agents économiques : entreprises, États et ménages (et d'autant plus que le chantage systémique au sauvetage des banques en difficulté est généralement accepté par les décideurs politiques). Il semble d’ailleurs que la valeur de marché des devises est moins déterminée par leurs valeurs théoriques (évaluées en fonction de "fondamentaux économiques" : masse monétaire, inflation, balance commerciale, PIB, ...) que par des facteurs psychologiques (éventuellement provoqués par des campagnes médiatiques) ou des techniques sophistiquées de manipulation de cours.
  2. cours flexible : laisser l'évolution du taux de change agir comme stabilisateur automatique des déséquilibres extérieurs.

    Dans la théorie économique académique l'effet de stabilisation fait plutôt référence à la hausse du déficit public sous l'effet des dépenses de chômage durant les récessions, ce qui a pour effet de soutenir la demande de biens et services.

    • Comme exposé plus haut, toute autre chose étant égale, une balance commerciale excédentaire d'un pays A avec une pays B induit une appréciation de la devise A relativement à la devise B, ce qui diminue la compétitivité-prix des entreprises exportatrices A et augmente celle des B. Il s'agit donc d'un effet de "stabilisation automatique". Ainsi, sous certaines conditions de politique économique (cf. encadré en fin de section), le change flexible peut donc propager la croissance des pays en excédant de balance commerciale vers les pays en déficit commercial. Une union monétaire, cas de l'UE, empêche cette autorégulation vertueuse. Ainsi alors que les pays du nord de l'Europe (surtout l'Allemagne) voient leur surplus extérieur s'améliorer constamment, les pays du sud de l'Union européenne « qui sont (logiquement) dans la situation inverse » n'ont plus la possibilité de dévaluer (ou laisser se déprécier) le taux de change de leur ancienne monnaie nationale pour relancer les exportations (et partant le reste de l'économie, pour autant que l'effet inflationniste du renchérissement des importations soit neutralisé).

      Politique de développement. L'effet de propagation de la croissance économique induit par l'effet de stabilisation automatique des taux de change flexibles ne constitue évidemment pas une condition suffisante du développement économique des pays en déficit extérieur. Ceux-ci doivent impérativement également oeuvrer à une croissance endogène en développant la R&D, la formation des travailleurs et les infrastructures publiques [approfondir].

De la non pertinence des unions monétaires (0m43s - 2017)

Extrait d'une conférence de Mario Telò, professeur de relations internationale et spécialiste de l'Union européenne, présentée à l'Académie royale de Belgique en 2017.

Pour le change flexible

Dans la mesure où il existe des marchés à terme sur devises, permettant de se couvrir contre le risque de change, le taux de change flexible nous paraît préférable aux taux fixe car il permet un effet maximal de stabilisation automatique, et partant, de propagation de la croissance des pays en excédant commercial vers les pays en déficit. Cependant cette propagation requiert, dans le cas d'une dépréciation de la devise, qu'en terme d'effet global sur le PIB, l'amélioration de la compétitivité prix l'emporte sur la dégradation du pouvoir d'achat des agents économiques.

Les faits historiques contre le contrôle des changes. L'histoire économique montre que les tentatives de fixer ou limiter les variation des taux de change (dont le cas le plus extrême est l'union monétaire) se sont généralement avérées des échecs. Les systèmes de taux de change fixes ou limités dégénèrent en de récurrentes dévaluations, tandis que les unions monétaires finissent par s'écrouler suite aux effets dévastateurs des "dévaluations internes" intégrales. La motivation réelle de la plupart des système de fixation/limitation des changes est de nature politique et non pas économique, l'objectif final étant de conduire à une union monétaire supposée faciliter l'intégration politique.

Conditions pour une dévaluation/dépréciation réussie

Commençons par préciser la différence entre dévaluation et dépréciation monétaire :
  1. la femmes P5124668 Mephisto Bottine Mephisto Bottine femmes femmes P5124668 P5124668 P5124668 Mephisto femmes Mephisto Bottine dépréciation est un phénomène spontané et continu, inhérent aux devises d'économies en déficit de la balance extérieure dans un système de change flexible elle est le mécanisme par lequel opère l'effet de stabilisation automatique évoqué plus haut ;
  2. le dévaluation est un phénomène dirigé et discontinu, inhérent aux devises d'économies en déficit de la balance extérieure dans un système de change fixe elle est donc l'expression de l'échec de la politique de change fixe !

La nature discontinue de la dévaluation implique que ses effets sont de grande ampleur et se font sentir brutalement. Pour être durablement efficace une dévaluation/dépréciation doit être accompagnée de deux types de mesures :

  • À court terme, neutraliser le renchérissement induit du coût des importations par une "dévaluation interne : réduction des salaires de l’administration publique, du salaire minimum légal, de l'indexation salariale, de la fiscalité sur le travail avec hausse compensatoire de la TVA ("dévaluation fiscale"), ...

    On notera qu'une dévaluation interne :

    • femmes femmes Mephisto P5124668 Bottine Mephisto femmes Bottine Mephisto Mephisto P5124668 P5124668 femmes Bottine P5124668 devra être d'autant plus importante que les importations représentantes une partie importante du PIB ;
    • est d'autant plus efficace que la part des entreprises publiques dans l'économie est élevée et que le système de sécurité sociale est développé, ce qui facilite l'application effective de la dévaluation interne et la neutralisation de ses effets négatifs sur la demande.
  • À long terme, améliorer la productivité. La dévaluation interne ne doit pas porter que sur le coût du travail (salaires) mais également sur celui du capital (dividendes) : ceux-ci devraient être réduits voire supprimés pour accroître d'autant les investissements : investissements de rationalisation et formation des travailleurs.

En l'absence de ces mesures de neutralisation de l'inflation importée et d'amélioration de la compétitivité les dévaluations se suivront (ou la dépréciation se poursuivra), et comme il y a une limite politique/sociale/économique à l'érosion des salaires, cela peut conduire finalement à une hausse d'inflation tellement forte que la situation s'avère finalement pire qu'avant les dévaluations.

La dévaluation peut donc s'avérer une mesure efficace, ou au contraire nuisible s'il elle n'est pas appliquée avec rigueur. Cette problématique économique prend une (délétère) dimension politique lorsqu'un gouvernement dévalue la devise nationale dans le seul but d'améliorer rapidement sa popularité mais sans véritable intention ou capacité d'appliquer les nécessaires mesures d'accompagnement.

Allocation universelle. Le coût social de la dévaluation interne est rendu beaucoup plus facilement supportable par l'AU (celle du modèle synthétique), ce qui fait de celle-ci un complément idéal et indispensable d'une politique de change flexible.

Bottine P5124668 P5124668 Bottine Mephisto Mephisto P5124668 femmes P5124668 Mephisto femmes femmes femmes Bottine Mephisto